Le capitaine de l'Hermione : "On a redécouvert des performances incroyables"

L'Hermione est attendue ce lundi en début d'après-midi en rade de Brest après 5 mois et 11.000 milles de navigation en Atlantique depuis sa mise à l'eau. Après ce périple aux Etats-Unis pour célébrer Lafayette, son capitaine, Yann Cariou, ne tarie pas d'éloges pour cette frégate historique.

(Yann Cariou, le capitaine de l'Hermione lors de l'escale à New York © Loïc Bailliard / Association Hermione)

"A 6 milles dans l'ouest de la pointe Saint Mathieu," au large de la rade de Brest, Yann Cariou savoure avec son équipage les derniers moments en mer avant de rejoindre le port de Brest, un port que L'Hermione originelle avait visité en 1779. "Brest était un grand port de la marine royale. C'est donc une tradition que les navires reviennent des grands voyages à Brest." Brest est désormais un port de la marine nationale et c'est sous la vigilance du "Latouche Tréville" que le trois-mâts termine son voyage inaugural.

Yann Cariou : "L'équipage était bien fatigué parce que l'on a fait marcher le navire en permanence"
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Un voyage qui a permis de prendre en main un navire d'exception. "On n'a pas arrêté d'être en extase devant ce bateau," souligne son capitaine. "On a découvert des performances que l'on ignorait. On a été surpris par ce navire qui était autrefois le plus performant de la flotte des frégates de la fin du XVIIIe. Et comme c'est une réplique exacte, on a redécouvert des performances incroyables."

(Retour du voyage inaugural de L'Hermione accompagnée du Latouche Tréville © Stephane MARC - Marine Nationale)

 

Une transatlantique retour accrochée par les dépressions

 

Les conditions météo du retour ont permis de pousser la frégate dans ses retranchements. "Le retour en Atlantique Nord a été fidèle à lui-même : venteux et houleux," confirme Yann Cariou. "Au départ de Saint-Pierre-et-Miquelon, nous avons eu des vents contraires et, ensuite, il a fallu rattraper le temps perdu. On a alors accroché toutes les dépressions qui passaient dans le secteur. Cela nous a donné des conditions difficiles avec du vent force 8, 9, 10. Mais on a fait de très bonnes moyennes en vitesse. On a fait jusqu'à 13 nœuds."

Après 5 mois de voyage depuis le départ de l'île d'Aix le 18 avril dernier et des escales aux Bermudes, à Baltimore, Washington et New York, ce sont 11.000 milles qui ont glissé sous la quille de L'Hermione. Et à chaque escale, la magie s'est répétée. "En France, on avait compris, lors des premières escales comme à Bordeaux, que la ferveur du public était importante. On a découvert la même passion aux Etats-Unis. Ils étaient très touchés que les Français aient reconstruit une frégate liée à l'histoire américaine et que l'on ait traversé l'Atlantique pour venir les voir."