Inauguration de la première route solaire : "On prend le mauvais chemin"

Ségolène Royal inaugure jeudi la première route solaire en France, dans l'Orne. Mais pour Mélodie de l'Épine, coordinatrice du pôle photovoltaïque de l’association Hespul, les fonds investis auraient pu être employés autrement.

L\'inauguration des travaux de la route solaire par la ministre de l\'Environnement Ségolène Royal, le 24 octobre 2016.
L'inauguration des travaux de la route solaire par la ministre de l'Environnement Ségolène Royal, le 24 octobre 2016. (?FRANCK CASTEL/WOSTOK PRESS / MAXPPP)
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La ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, inaugure jeudi 22 décembre la première route solaire de France, située à Tourouvre-au-Perche, dans l'Orne. Une portion d'un kilomètre de route départementale a été recouverte de 800 m2 de cellules photovoltaïques. Mais Mélodie de l’Épine, coordinatrice du pôle photovoltaïque de l’association Hespul, n'est pas convaincue par l'innovation.

franceinfo : Pourquoi cette innovation est-elle discutable ?

Mélodie de l’Épine :  Beaucoup d'argent a été investi dans ce projet, notamment dans le revêtement destiné à protéger les cellules photovoltaïques du passage des véhicules. Mais il y a d'immenses surfaces exploitables, notamment les toitures, qu'on pourrait mettre à profit à moindre coût et pour lesquelles il n'y a pas besoin de cinq centimètres de résine pour protéger les cellules. Une petite couche de verre parfaitement lisse pour capter le maximum de reflets suffit. Cette route solaire ne profite pas vraiment au photovoltaïque, mais aux fabricants de la résine destinée à protéger les cellules.

L'expérience a coûté cinq millions d'euros. Pour vous, c'est du gaspillage ?

La recherche est fondamentale pour relever les défis environnementaux, mais avec ces cinq millions d'euros, on aurait pu recouvrir beaucoup de surfaces. On a choisi de s'atteler au défi technique, alors qu'on a déjà un défi de généralisation. Je pense qu'il y a une envie de parler du solaire de manière positive. Avec cette expérience, on a trouvé un filon pour montrer qu'on innove et qu'on est en avance sur le reste du monde.

Cet essai ne peut-il pas permettre d'améliorer le système photovoltaïque et de baisser son coût ?

C'est certainement ce qu'il va se passer. Mais on a tout de même empêché des réalisations solaires sur des toitures à cause de règles un peu compliquées. Il y a des toitures de collèges, de lycées, de bâtiments publics, sur lesquels on ne peut pas installer de panneaux photovoltaïques à cause de la loi. Là, on en met sur les routes, où il n'y en a pas encore besoin. 

Des panneaux pourraient être installés sur des habitations, des centres commerciaux, voire même des usines. Ça ne coûte vraiment pas cher. Une maison individuelle peut être équipée pour 8 000 ou 9 000 euros. Il y a dix ans, ça pouvait monter à 35 000 euros.

Mélodie de l’Épine, de l’association Hespul, n'est pas convaincue par la route solaire
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