Incident lors d'un vol New York-Paris : l'enquête pointe une responsabilité des pilotes et non de l'avion

Selon les experts du BEA, l'avion n'est pas en cause : ils mettent en cause la responsabilité des deux pilotes qui ont, pendant quelques secondes, actionné les commandes de l'avion dans deux sens opposés.

Article rédigé par
Philippe Boury, édité par Xavier Allain - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Un Boeing 777 d'Air France en phase d'atterrissage à Roissy-Charles-de-Gaulle (illustration). (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

"L'avion a fait à peu près n'importe quoi" : l'enregistrement d'une conversation d'urgence entre les pilotes du Boeing 777 d'Air France et la tour de contrôle de Roissy-Charles-de-Gaulle a beaucoup fait parler, début avril, laissant craindre un "incident grave" évité de peu. Pourtant, après enquête, les experts du Bureau enquêtes et analyses (BEA) sembleNT écarter tout problème technique et privilégient l'erreur humaine.

Selon un pré-rapport dévoilé mercredi 27 avril, ce mardi 5 avril dernier, alors qu'il était sur le point d'atterrir à Roissy, le vol Air France AF011 entre New York et Paris a remis les gaz à moins de 400 mètres d'altitude. Les pilotes ont alors expliqué à la tour de contrôle que les commandes ne répondaient plus. 

Mais pour le BEA, le Boeing n'est pas en cause : aucune anomalie n’a été constatée. L'analyse des boîtes noires contenant l'enregistrement des données du vol (FDR) et des conversations dans le cockpit (CVR) semble écarter tout problème technique. "Aucune alarme de dysfonctionnement n'a été déclenchée lors de l'événement. Aucune anomalie n'a été constatée sur l'avion", affirme le BEA.

Une mauvaise interprétation

Toute l’action s’est déroulée en moins d’une minute, après près de sept heures de vol. Le commandant de bord et le copilote ressentent alors différemment la situation de l'avion qui les poussent à interrompre la descente et à remettre les gazC'est alors que l'avion se cabre trop fortement. 

Selon le pré-rapport du BEA, le commandant de bord et son copilote ont, pendant quelques secondes, actionné les commandes de l'avion dans deux sens opposés. Pour Gérard Feldzer, ancien pilote et spécialiste aéronautique de franceinfo, c'est cette simultanéité des commandes qui reste à expliquer : "Le capitaine qui maintient les commandes a cabré, pendant que le co-pilote a piqué. C'est ce qu'on va tenter de comprendre aujourd'hui. On peut interpréter une alarme, une fausse alarme, la fatigue... Il y a beaucoup de facteurs, maintenant, à affiner".

L'appareil, avec à son bord 177 passagers et 15 membres d'équipage, s'était finalement posé normalement après une deuxième approche. De son côté, Air France rappelle que la procédure de remise de gaz appliquée par les pilotes est normale et va dans le sens de la sécurité.

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