Élisabeth Borne aux grands patrons : "Je demande des engagements concrets bons pour l'écologie et bénéfiques pour leurs salariés"

La ministre de la Transition écologique et solidaire, invitée de France Inter, dimanche 24 mai, affirme qu'elle a appelé certains grands patron "personnellement", après avoir adressé une lettre à une centaine d'entre-eux. 

Élisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire, devant la Gare de l\'Est à Paris, le 10 mai 2020. 
Élisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire, devant la Gare de l'Est à Paris, le 10 mai 2020.  (THOMAS SAMSON / POOL)

La ministre de la Transition écologique, Élisabeth Borne a écrit à quelques 90  grands patrons français pour les enjoindre d'agir en faveur de l'environnement, en appelant certains "personnellement" : "Je leur demande aussi de prendre des engagements très concrets qui sont bons pour l'écologie et bénéfiques pour leurs salariés", a-t-elle expliqué ce dimanche 24 mai sur France Inter. Elle confirme par ailleurs qu'en "échange du prêt garanti par l'État, Air France a pris des engagements forts de réduire de 50% les émissions de CO2 de ses vols domestiques d'ici 2024".

franceinfo. Vous avez écrit à 90 grands patrons français pour leur demander d'agir davantage en faveur de l'environnement. Que leur demandez-vous ?

J'ai commencé à appeler personnellement certains dirigeants depuis l'envoi de la lettre. Je note qu'il y en a beaucoup qui sont motivés pour apporter des réponses claires et précises. Je ne doute pas que tous ceux qui ont signé la tribune, et puis d'autres encore, auront à cœur de démontrer que cet engagement se traduit par des choses concrètes, comme un plan les amenant à la neutralité carbone.

Je leur demande aussi de prendre des engagements très concrets qui sont bons pour l'écologie et qui sont aussi bénéfiques pour leurs salariés comme le télétravail, le forfait mobilité durable pour accompagner les salariés qui vont au travail en vélo ou en covoiturage, la mise en place de parkings vélo. Un certain nombre de ces dirigeants me disent qu'ils sont tout à fait motivés et qu'ils prendront des engagements concrets. J'attends les engagements des autres.

J'ai eu aussi des échanges très intéressants aussi avec des dirigeants de PME qui m'expliquent qu'en économisant des ressources, l'énergie, on améliore les performances. Je pense que chacun peut s'engager dans cette transition écologique.

Le groupe Air France-KLM vous-a-t-il donné des garanties sur son engagement pour la transition écologique ?

En échange du prêt garanti par l'État, je vous confirme qu'Air France a pris des engagements très forts de réduire de 50% les émissions de CO2 de ses vols domestiques d'ici 2024 avec, notamment, une réduction drastique sur les trajets où l'on a une alternative ferroviaire de moins de 2h30 ou de renouveler la flotte pour avoir des avions qui polluent moins, ou de développer les biocarburants. Les entreprises s'engagent et je suis convaincue que ne pas prendre le virage écologique aujourd'hui, c'est mettre en danger son entreprise.

Qu'en est-il de Renault ? Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire a soumis jeudi son feu vert pour un prêt de 5 milliards d'euros, mais le groupe automobile va dévoiler la semaine prochaine les contours de son plan d'économies de deux milliards d'euros.

On demande aux entreprises qui bénéficient de ces prêts de faire le maximum pour l'emploi et pour l'activité sur notre territoire. C'est le sens des discussions qui sont en cours avec Renault, à savoir d'arrêter par exemple de développer des capacités de production à l'étranger comme cela a pu se faire ces dernières années. Renault est un des constructeurs qui s'est engagés dans la transition écologique avec des véhicules propres depuis très longtemps, ce qui leur donne une avance par rapport à d'autres constructeurs. Des entreprises comme Renault qui ont le pari des véhicules électriques, je suis sûre que demain ce sont eux qui gagneront.