"Chemise arrachée" à Air France : la ministre du Travail, Myriam El Khomri, valide le licenciement d'un délégué CGT

Le secrétaire général de la CGT a jugé "proprement scandaleux" cette décision "éminemment politique". Philippe Martinez y voit une "attitude revancharde" du gouvernement après la bataille menée par le syndicat contre la loi Travail.

Xavier Broseta, le DRH d\'Air France, est évacué par des vigiles après avoir été agressé, le 5 octobre 2015 à Roissy (Val-d\'Oise), au siège d\'Air France.
Xavier Broseta, le DRH d'Air France, est évacué par des vigiles après avoir été agressé, le 5 octobre 2015 à Roissy (Val-d'Oise), au siège d'Air France. (JACKY NAEGELEN / REUTERS)

La ministre du Travail, Myriam El Khomri, a validé le licenciement d'un délégué CGT d'Air France, magasinier à la maintenance, accusé d'avoir participé à l'épisode de la "chemise arrachée", annonce son ministère dans un communiqué, lundi 8 août. L'inspection du travail avait pris une décision inverse en janvier.

"A l'issue d'une analyse longue et minutieuse des faits survenus le 5 octobre 2015 en marge du comité central d'entreprise du groupe Air France, et sur la base des éléments portés au dossier, il ressort que la faute reprochée est d'une gravité suffisante pour justifier le licenciement du salarié protégé", précise le communiqué du ministère.

Quatre autres salariés licenciés

"Cette décision est cohérente avec le licenciement des quatre autres salariés impliqués dans le même dossier, qui ne bénéficient d'aucun mandat syndical et dont le cas n'est donc pas soumis à l'autorisation de l'inspection du travail", ajoute le ministère.

Réintégré à son poste après une mise à pied, le délégué CGT est accusé par son employeur d'avoir agressé le DRH de la compagnie, Xavier Broseta, ainsi que deux vigiles le 5 octobre à Roissy (Val-d'Oise) en marge du comité central d'entreprise. Le cadre avait été obligé de fuir la foule en colère, en escaladant une grille, torse nu et la chemise arrachée. "Il est impossible de déterminer avec certitude" si le syndicaliste "bouscule des salariés volontairement, ou s'il est lui-même chahuté", avait estimé l'inspection du Travail.

Le secrétaire général de la CGT a jugé "proprement scandaleux" cette décision "éminemment politique" de Myriam El Khomri. Philippe Martinez y voit une "attitude revancharde" du gouvernement après la bataille menée par le syndicat contre la loi Travail.