VIDEO. "La manifestation des Champs-Elysées est d'ultradroite", estime un historien des mouvements sociaux

Les symboles brandis par les manifestants et la logique d'affrontement montrent la couleur politique du rassemblement émaillé d'incidents sur l'avenue parisienne, selon l'historien Sylvain Boulouque.

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FRANCEINFO

Des affrontements ont eu lieu, samedi 24 novembre, sur les Champs-Elysées à Paris, lors d'un rassemblement de "gilets jaunes", malgré l'interdiction de manifester sur l'avenue. Dans ce cas précis, il s'agissait "majoritairement d'une manifestation d'extrême droite", estime sur franceinfo Sylvain Boulouque, historien des mouvements sociaux.

Le chercheur évoque notamment une "coloration politique" des drapeaux représentés sur les Champs-Elysées, parfois frappés du Sacré-Cœur ou de la fleur de lys. "Des appels fleurissent également sur tous les sites de le droite radicale pour descendre les Champs-Elysées et prendre d'assaut l'Elysée, ou du moins s'en rapprocher", ajoute-t-il, tout en soulignant la dimension symbolique de la place de la Concorde, l'objectif initial de ces participants. "On ne trouve pas ça dans d'autres appels à manifester."

"Cela ne veut pas dire, et loin s'en faut, que tous les 'gilets jaunes' sont d'extrême droite, estime toutefois Sylvain Boulouque, et qu'il n'y ait pas, de la part de la gauche radicale, une volonté de jeter l'huile sur le feu ou la volonté de récupérer tout ou partie du mouvement." Selon cet historien, le mouvement reprend en partie la France du non au traité constitutionnel de 2005, avec une gauche radicale et un "non" de droite.

Des forces de l\'ordre déployées sur les Champs-Elysées lors d\'un rassemblement de \"gilets jaunes\", samedi 24 novembre 2018.
Des forces de l'ordre déployées sur les Champs-Elysées lors d'un rassemblement de "gilets jaunes", samedi 24 novembre 2018. (GONZALO FUENTES / REUTERS)