VIDEO. "Je n'ai pas souhaité poursuivre parce qu'il n'était pas possible de filmer", dit le "gilet jaune" qui a quitté Matignon

Après un bref passage dans les bureaux du Premier ministre, Jason Herbert a renoncé à entamer la discussion avec le Premier ministre et le ministre de la Transition écologique. Il s'est expliqué devant la presse. 

Voir la vidéo

"Pour ne trahir personne, je n'ai pas voulu engager de discussion." Jason Herbert, l'un des porte-parole désignés des "gilets jaunes", a quitté, vendredi 30 novembre, son rendez-vous à Matignon où il devait être reçu par Edouard Philippe et François de Rugy, le ministre de la Transition écologique et solidaire. L'ancien journaliste, qui vit en Charente, explique avoir quitté le bureau du Premier ministre car celui-ci a refusé que l'entretien soit filmé et retransmis en direct sur les réseaux sociaux. "Cet échange concerne tout le monde. Nous ne souhaitions pas que ce soit confidentiel", a-t-il expliqué.   

Je souhaitais et j'ai demandé à plusieurs reprises à ce que cet entretien soit filmé et retransmis en direct à la télévision, cela a été refusé.

Jason Herbert

Il a expliqué s'être rendu à ce rendez-vous par "courtoisie" et a précisé qu'un autre représentant des "gilets jaunes" se trouvait toujours à Matignon pour rencontrer le Premier ministre.

"Nous avons tous reçu d'énormes pressions"

Jason Herbert a affirmé que la "délégation" représentative constituée de huit "gilets jaunes" a été enterrée mercredi. D'après lui, la délégation aurait été victime de menaces de la part d'autres "gilets jaunes". "Nous avons tous reçu d'énormes pressions, des menaces d'agressions verbales et physiques. Notre vie est en jeu", explique-t-il.

"On savait qu’on n’aurait plus de vie privée, que cela allait être très compliqué. Mais on l'a fait parce qu’on pensait que c’était nécessaire. Et aujourd’hui, nous ne sommes que deux [à Matignon ce vendredi], parce que d’autres personnes n’ont pas souhaité engagé leur vie, et je ne leur jette pas la pierre, je les comprends car moi-même j’ai hésité", a poursuivi ce chargé de communication, syndicaliste à la CFDT. 

"Les pressions ont été, pour ma part, à 99% de la part d’autres 'gilets jaunes', qui doivent croire qu’on est là pour la gloire, ce qui n’est pas le cas. 99% des menaces venaient des gilets jaunes, mais pas des pacifistes, ce sont des personnes radicales qui ne souhaitent pas qu’on avance", a affirmé Jason Herbert.

Jason Herbert à Matignon (Paris), le 30 novembre 2018. 
Jason Herbert à Matignon (Paris), le 30 novembre 2018.  (PHILIPPE LOPEZ / AFP)