INFO FRANCEINFO. Toulon : une plainte déposée après des violences policières pendant l'acte 8 des "gilets jaunes"

Une jeune femme, Séverine Charpentier, a porté plainte pour agression. Elle affirme avoir reçu un coup de tête de la part d'un policier et dit avoir reconnu Didier A., l'officier filmé en train de frapper deux manifestants. Ce dernier dément formellement. 

Un \"Gilet jaune\" lève les bras au milieu de la fumée des gaz lacrymogènes, à Paris, le 5 janvier 2019.
Un "Gilet jaune" lève les bras au milieu de la fumée des gaz lacrymogènes, à Paris, le 5 janvier 2019. (ALAIN PITTON / NURPHOTO)

Les violences policières lors de la mobilisation des "gilets jaunes" à Toulon (Var) font encore parler d'elles. Une manifestante, Séverine Charpentier, rapporte à franceinfo avoir déposé plainte, dimanche 6 janvier, pour "agression" de la part d'un policier lors de la manifestation, samedi, dans la ville varoise. Elle dit avoir reçu un coup de tête de la part d'un fonctionnaire de police, lui valant "deux jours d'ITT et dix jours de minerve", comme l'indique le certificat médical établi le 5 janvier et que franceinfo a pu consulter. Contacté par franceinfo, le procureur de Toulon, Bernard Marchal, confirme le dépôt de sa plainte. 

Tout comme les deux amies qui l'accompagnaient, Séverine assure avoir reconnu le commandant divisionnaire Didier A., qui a été filmé en train de frapper trois autres personnes à cette même manifestation toulonnaise. Une version formellement contestée par le fonctionnaire auprès de nos confrères de France 2 Marseille.

"Le policier s'est énervé"

Selon son récit, cette femme de 35 ans manifestait avec les "gilets jaunes", mais avait été rejointe momentanément par deux de ses collègues ambulancières, Laetitia Robion et Aline Ortis, qui faisaient une pause à proximité. “Nous nous apprêtions à reprendre l’avenue Vauban quand j'ai vu quatre ou cinq policiers interpellant un jeune 'gilet jaune' qui disait qu’il n’avait rien fait. J’ai trouvé l’action si violente que je leur ai demandé, sans m'interposer, de le laisser tranquille", raconte-t-elle. "Le policier s'est approché de moi d’un air menaçant et m’a dit de dégager." 

Agacée, Séverine indique lui avoir alors répondu : "'C'est comme ça que vous vous exprimez' ?" Elle assure ensuite que "le policier s’est énervé", lui assénant "un coup de tête". "Ça s’est passé vers 16h15, 16h20. Je n’étais ni menaçante, ni agressive. Je suis restée en pleurs sans bouger. Mes collègues m’ont accompagnée aux urgences", témoigne-t-elle. Séverine Charpentier affirme qu'elle s'en sort avec "une petite contusion au niveau du nez et une entorse cervicale".

"Quand on est débordé à ce point, il faut arrêter"

Sa plainte a été déposée contre X, sur conseil d'un fonctionnaire de police. "Lors du dépôt de plainte au commissariat, on m'a expliqué que c’était trop subjectif de donner un nom parce que je ne savais pas qui était cette personne au moment des faits", explique-t-elle à franceinfo. Elle souligne n'avoir pu l'identifier qu'après avoir vu les images du commissaire "sur Var Matin et sur les réseaux sociaux". 

Jointes par franceinfo, les deux collègues de Séverine décrivent la même scène et soutiennent, elles aussi, avoir reconnu Didier A. "C'est bien celui qui est passé à la télé", déclare ainsi Aline Ortis. A en croire Laetitia Robion, l'ambiance était plus que tendue dans l'artère toulonnaise où se trouvaient les trois ambulancières. "Franchement, conclut-elle, je ne suis pas 'gilet jaune', j'étais en train de manger dans un snack, je me suis fait gazer comme les autres. Je ne suis pas pour les casseurs, mais les policiers, là, ils frappaient, ils gazaient sans discernement... Quand on est débordé à ce point, il faut arrêter." Au total, sept personnes ont été arrêtées et placées en garde à vue à la suite des débordements de samedi.