Soupçons de fichage de "gilets jaunes" par l'AP-HP : le ministère de l'Intérieur assure ne pas "avoir accès au fichier SI-VIC"

Le Canard Enchaîné apporte la preuve mercredi que les personnes blessées lors des manifestations des "gilets jaunes"' ont été recensées par les hôpitaux parisiens dans un fichier mis en place après les attentats de 2015 pour faciliter l'identification des victimes d'attaques. 

Les urgences générales Cordier de l\'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris.
Les urgences générales Cordier de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris. (LUC NOBOUT / MAXPPP)

Le ministère de l'Intérieur assure mercredi 24 avril à franceinfo ne pas "avoir accès au fichier SI-VIC" après les accusations d'un fichage de "gilets jaunes" par l'AP-HP, confirmées par le Canard Enchaîné. "En l'état le ministère de l'Intérieur n'a pas accès au fichier SI-VIC", précise le ministère.

Le ministère de la Santé confirme également que ce fichier n'est pas consultable par le ministère de l'Intérieur et affirme que la photo présentée par le Canard Enchaîné comme un "extrait du fichier renseigné" par les hôpitaux n'est pas extrait du fichier SI-VIC mais d'un logiciel interne aux Urgences d'un hôpital parisien.

>> Soupçons de fichage de "gilets jaunes" dans les hôpitaux parisiens : "Le Canard enchaîné" publie des extraits du document 

Cependant, dans le décret "relatif au système d'information d'identification unique des victimes" du 9 mars 2018, il est précisé que les "seuls les agents des agences régionales de santé, du ministère chargé de la santé et des ministères de l'intérieur, de la justice et des affaires étrangères nommément désignés et habilités à cet effet par leur directeur sont autorisés à accéder aux données".

Le Canard Enchaîné a apporté la preuve mercredi que les personnes blessées lors des manifestations des "gilets jaunes" ont été recensées par les hôpitaux parisiens dans un fichier appelé "SI-VIC" (système d'information pour le suivi des victimes), et mis en place après les attentats de 2015 pour faciliter l'identification des victimes d'attaques.