Réflexion faite : de la violence légitime… ou pas

Pour prévenir les violences qui ont eu lieu le week-end du 16 mars en marge des manifestations des "gilets jaunes", le gouvernement a décidé de prendre de mesures. Les Champs-Élysées seront fermés et les militaires mobilisés. Martin Legros, de "Philosophie Magazine", revient sur les violences du mouvement.

La violence de ce mouvement était-elle légitime ? "C'est un des éléments étonnants de ce mouvement, une certaine légitimité de la violence. Dès le départ, l'occupation des ronds-points avait quelque chose de violent. Ensuite, le fait que les 'gilets jaunes' aient refusé de se mouler dans le moule de la manifestation, classique, en occupant des lieux imprévisibles, cela relève de l'insurrection. Et au fil des samedis, certains 'gilets jaunes ont noué un pacte avec les casseurs…", explique Martin Legros, rédacteur en chef à Philosophie Magazine.

Quel rôle de l'État dans la violence ?

Dans un état de droit moderne, la violence n'est pas censée être légitime pourtant. "C'est un des traits fondateurs de l'État moderne. Nous vivons dans des sociétés pacifiques où les acteurs ont renoncé à la violence", analyse Martin Legros. "Le philosophe Max Weber disait : 'l'État moderne dispose du monopole de la violence physique et légitime'. Il se définit même que, sur un territoire donné, il puisse revendiquer à juste titre ce monopole", précise le journaliste. Et d'ajouter : "L'État est le seul à exercer légitimement cette violence. Dans la société féodale (…) l'État moderne a expatrié le droit à la violence."

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Un tag "A la semaine prochaine" est visible sur la devanture de la boutique du bijoutier Cartier. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)