Policiers jugés : "C'est l'arbre qui cache la forêt" s'il n'y a pas "une vraie justice pour tous les autres derrière", estime le "gilet jaune" Jérôme Rodrigues

Jérôme Rodrigues, qui a perdu un œil lors d'une manifestation des "gilets jaunes", a réagi sur franceinfo aux propos du procureur de Paris qui a annoncé que des policiers seraient jugés en correctionnelle pour violences.

Le \"gilet jaune\" Jérôme Rodrigues le 12 avril 2019 à Dunkerque.
Le "gilet jaune" Jérôme Rodrigues le 12 avril 2019 à Dunkerque. (PASCAL BONNIERE / MAXPPP)

Le "gilet jaune" Jérôme Rodrigues a dit craindre, samedi 1er juin franceinfo, que les policiers jugés en correctionnelle "d'ici la fin de l'année", comme l'a annoncé le procureur de la République de Paris, ne soient que "l'arbre qui cache la forêt".

Jérôme Rodrigues, qui a perdu un l'œil lors d'une manifestation des "gilets jaunes" le 26 janvier dernier, est cité dans les cas les plus graves évoqués par Rémy Heitz. 
Pour cette figure médiatique des "gilets jaunes", "quelques policiers vont peut-être malheureusement être jugés en correctionnelle, mais si c'est pour ne pas avoir une vraie justice pour tous les autres derrière, ça ne servira à rien non plus", estime-t-il.

Longueur des procédures

Jérôme Rodrigues prend son cas en exemple pour dénoncer la longueur des procédures quand elles concernent les forces de l'ordre. "Les preuves sont là : je filmais moi-même, il y a plusieurs angles de vue qui ont été faits sur la scène. Donc aujourd'hui la question que je me pose c'est 'qu'est-ce qu'il leur faut de plus ?'. Ils ne me feront pas croire qu'ils cherchent le policier. Tout est acté, on sait où chaque policier se trouve. À un moment donné posons-nous les bonnes questions : pourquoi on prend autant de temps ?", déplore le "gilet jaune".

Il regrette aussi le choix du tribunal correctionnel pour juger les forces de l'ordre. Reprenant à nouveau son cas en exemple, il explique qu'"il y a une plainte contre X pour violence volontaire en réunion ayant entrainé une infirmité permanente. C'est du criminel pas du correctionnel", conclut Jérôme Rodrigues.