Pitié-Salpêtrière : "Une tentative de manipulation de l'information" de Christophe Castaner, selon Benoît Hamon

L'ancien candidat à la présidentielle dénonce une "version fallacieuse" du ministre de l'Intérieur.

Benoît Hamon le 2 décembre 2017.
Benoît Hamon le 2 décembre 2017. (JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)

"Il y a clairement une tentative de manipulation de l'information. Son auteur c'est le ministre de l'Intérieur", a affirmé jeudi 2 mai sur franceinfo Benoît Hamon, tête de liste du mouvement Génération.s aux élections européennes, après la polémique sur l'intrusion de manifestants mercredi à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris.

"Les vidéos sont très parlantes", souligne Benoît Hamon. "Je ne comprends pas que le ministre de l'Intérieur, à l'heure où tout est observé, filmé, n'ait pas compris que, très vite, la version fallacieuse qu'il a donnée allait être démentie." Selon lui, "il suffit de regarder la vidéo pour comprendre qu'il n'y a pas d'attaque, il n'y a pas de violence. Il y a des gens qui cherchent à se réfugier".

Benoît Hamon reconnaît que des personnels soignants "ont eu effectivement peur d'une intrusion dans un service de réanimation" mais il soutient que la version des faits avancés par Christophe Castaner, "laissant entendre que des manifestants ont attaqué un hôpital, un service de réanimation, tombe complétement à l'eau".

"Des lignes jaunes sont franchies"

Pour l'ancien candidat à la présidentielle, il y a "au sommet de l'Etat, une tentative de manipulation de l'information pour essayer de disqualifier globalement un mouvement social, pour essayer d'éteindre la mobilisation, là où le gouvernement n'y répond pas par des mesures sociales satisfaisantes. C'est extrêmement grave."

Benoît Hamon estime que "des lignes jaunes sont franchies". "Le gouvernement ne peut pas faire la guerre aux fake news et produire du mensonge." Il attend maintenant des "preuves" de ce que le ministre de l'Intérieur a affirmé. "Si le gouvernement ne produit pas la preuve de ce qu'il affirme, je pense que le ministre de l'Intérieur ne peut plus rester ministre de l'Intérieur."

Benoît Hamon ne souhaite pas attendre "six mois de commission parlementaire", comme le demande l'écologiste Yannick Jadot. "Le président de la République devrait prendre la seule décision qui s'impose, c'est de démettre de ses fonctions le ministre de l'Intérieur parce qu'il a délibérément construit une histoire qui n'existait pas."