Intrusion à la Pitié-Salpêtrière : comment le gouvernement défend Christophe Castaner, accusé d'avoir menti

Le ministre de l'Intérieur a évoqué, mercredi soir, une "attaque". Mais des vidéos et des témoignages montrent que l'intrusion de manifestants dans l'hôpital n'était pas violente.

Le ministre de l\'Intérieur, Christophe Castaner, à Paris, le 24 avril 2019.
Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, à Paris, le 24 avril 2019. (BERTRAND GUAY / AFP)

Christophe Castaner, le ministre de l'Intérieur, est sous le feu des critiques. Il est pris pour cible après avoir qualifié d'"attaque" les événements survenus le 1er mai à l'hôpital de la Pitié-Salpétrière, à Paris. Certains opposants réclament sa démission. Au lendemain des révélations qui ont permis de nettement nuancer la version gouvernementale, l'exécutif a pris la défense de Christophe Castaner, vendredi 3 mai.

"Je pense qu'il ne s'est pas rien passé à la Pitié-Salpétrière parce que c'est quand même grave de voir que quelque chose, qui ressemble à de la violence, s'est passé dans l'hôpital", a déclaré Jean-Michel Blanquer. Une formule alambiquée qui ne cache pas la gêne du ministre de l'Education nationale interrogé sur Radio Classique.

Sur la terminologie d'"attaque",  employée par Christophe Castaner, Jean-Michel Blanquer a répondu : "Une enquête a lieu, elle permettra de savoir exactement ce qui s'est passé mais c'est évidemment, en soi, un gros problème qu'il y ait eu ce qu'il s'est passé. Après, la façon de le qualifier, c'est dans les jours qui viennent que l'on pourra le dire davantage.""

"On est dans l'étymologie"

"Tout le temps que l'on perd à alimenter une espèce de pseudo-polémique pour faire l'exégèse du terme 'attaque', c'est du temps que l'on perd pour dire que ce n'est pas acceptable de s'introduire dans un hôpital en défonçant une grille", a déclaré Gabriel Attal, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Education nationale et de la Jeunesse, sur RTL.

Je trouve cette polémique révoltante.Gabriel Attalsur RTL

"J'attends que ceux qui font l'exégèse des termes des uns et des autres puissent condamner quand même", a-t-il poursuivi. "Un hôpital, ce n'est pas une zone de non droit, ce n'est pas quelque chose sur lequel on marche comme ça, impunément."

"Je ne suis pas là pour disserter"

"On ne s'introduit pas dans un lieu où on sauve des vies", a estimé Amélie de Montchalin, sur BFMTV"La justice définira si c'est une attaque, une intrusion violente. Là, on est dans l'étymologie", a balayé la secrétaire d'Etat aux Affaires européennes. "On a surtout entendu des équipes médicales terrorisées", a-t-elle affirmé alors qu'un infirmier en première ligne a simplement évoqué "un moment de stress" et qu'une aide soignante a déclaré "on ne s'est pas sentis plus agressés que ça".

"Si c'est le mot 'attaque' ou 'intrusion' sur lequel il faut que l'on disserte, moi je ne suis pas là pour ça ce matin", a-t-elle poursuivi. Et de conclure : "Je suis pour que les Français, quand ils vont à l'hôpital, quand ils ont des proches à l'hôpital, ils sachent qu'ils sont en sécurité."