Pas convaincu, mais sensible à "l'honneur" de la visite : un "gilet jaune" de Bourg-de-Péage réagit à l'échange impromptu qu'il a eu avec Emmanuel Macron

À Bourg-de-Péage, dans la Drôme, le chef de l'Etat a improvisé jeudi une intervention lors d'un débat de citoyens, dont des "gilets jaunes".

Emmanuel Macron s\'invite au débat de Bourg-de-Péage (Drôme) le 24 janvier 2019.
Emmanuel Macron s'invite au débat de Bourg-de-Péage (Drôme) le 24 janvier 2019. (BENJAMIN ILLY / FRANCE-INFO)

"On en a marre de la politique", a expliqué Thierry, 55 ans, au président de la République. Comme d'autres "gilets jaunes" de Bourg-de-Péage (Drôme), il a pu directement dialoguer avec Emmanuel Macron, en visite surprise à un débat organisé, jeudi 24 janvier, avec des citoyens. 

>>Regardez l'intégralité des échanges entre le chef de l'Etat et des citoyens à Bourg-de-Péage

Thierry, en invalidité, travaillait dans une structure d'accueil pour personnes handicapées. Il dit rêver d’une dissolution de l’Assemblée nationale et développe ses requêtes devant le chef de l'Etat.

Je veux que le peuple revote et soit inclus dans la maintenance de la France, pas que les politiques.Thierry, "gilet-jaune"à franceinfo

"J’entends votre colère, mais on est en démocratie, lui répond Emmanuel Macron. Moi, j’ai été élu par le peuple. Moi, je n’étais pas un politicien. On m’a pris pour un fada quand j’y suis allé. J’y suis allé contre le système politique en place." Le président rebondit sur le besoin exprimé par le "gilet jaune". "Il faut mieux construire les décisions d’en bas, ça vous avez raison. Il faut qu’on délibère davantage pour lever les malentendus, entendre les voix et traiter ce problème au cœur, dit-il. Mais ce ne sera pas dans la capacité à se déchirer ou à tout mettre par terre. Parce qu’on quand même un vrai trésor, la République française. Ne l’abimons pas."

Dites-moi les pays où on peut avoir ces discussions entre un citoyen et un président de la République.Emmanuel Macronà franceinfo

"C’était bon enfant comme débat, c’était sympa, positif", réagit Hélène, 53 ans, l'épouse de Thierry, aide-soignante. Son mari est-il convaincu ? "Pas du tout, tranche Thierry. Je lui dois du respect, comme il m’en donne. La révolution, je la fais au bord de la route", déclare-t-il, comme pour montrer qu'il compte bien y retourner. "Là, il a eu le courage de venir, alors qu’on n’était pas au courant. Il nous a fait l’honneur de venir", ajoute-t-il. Cette démarche de venir voir des Français, notamment des "gilets jaunes", l'a-t-elle surpris ? "J’aurais préféré qu’il vienne nous voir aux ronds-points", répond Thierry. À ses côtés, Hélène souligne "la chance énorme à Bourg-de-Péage d’avoir reçu le président". De quoi dénouer la crise ? "C’est peut-être très sournois de sa part, c’est peut-être très stratégique, ou c’est peut-être très sain", hésite-t-elle..

Emmanuel Macron l'a promis. Il y aura "d’autres débats avec des concitoyens fiers de l'être".  

Face-à-face entre des "gilets jaunes" et Emmanuel Macron à Bourg-de-Péage - un reportage de Benjamin Illy
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