Opération "mairies ouvertes" samedi : "Dans cette période trouble, les maires peuvent relier les citoyens et l’État"

Vanik Berberian, président de l’Association des maires ruraux de France, propose une opération "mairies ouvertes" samedi pour recevoir les doléances des Français.

Vanik Berberian, président de l\'Association des maires ruraux de France, le 6 septembre 2017.
Vanik Berberian, président de l'Association des maires ruraux de France, le 6 septembre 2017. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

"Il nous a semblé que dans cette période très trouble, très compliquée, où vous avez une Assemblée nationale, un gouvernement et un État qui ne sont pas entendus, les maires pouvaient être ceux qui reliaient les demandes des citoyens et l’État", a expliqué sur franceinfo jeudi 6 décembre Vanik Berberian, le maire de Gargilesse-Dampierre, dans l'Indre, et président de l’Association des maires ruraux de France. Cette dernière propose une opération "mairies ouvertes" samedi pour recevoir les doléances des Français, en pleine crise des "gilets jaunes".

franceinfo : Vous proposez aux élus d’ouvrir les mairies samedi pour recueillir les doléances des citoyens qui le souhaitent ?

Vanik Berberian : Oui, les doléances et les propositions. Je crois que la mairie est encore un lieu très proche des habitants. Le maire est connu, il a une relation particulière avec les citoyens et il nous a semblé que dans cette période très trouble, très compliquée, où vous avez une Assemblée nationale, un gouvernement et un État qui ne sont pas entendus, les maires pouvaient être ceux qui reliaient les demandes des citoyens et l’État. Je ne pense pas que ce soit un algorithme ou Facebook qui soit la cause de la situation compliquée que nous vivons. C’est plutôt le fait que pendant 20, 30 ou 40 ans, on a ignoré les territoires. On en a même défini une formule : la "fracture territoriale", qui est également superposée à la fracture sociale. Tout ça nous donne un climat de très grande tension que l’on connaît aujourd’hui et il nous a semblé que l’une des choses qui pouvaient être mises en place pour faciliter l’expression, c’était d’ouvrir les mairies pour que les gens puissent se retrouver, échanger et écrire.

Ensuite, qu’allez-vous faire de ces propositions et doléances ?

Ces doléances seront réunies, envoyées à la représentation nationale, au Parlement et aux préfets qui devront en faire la synthèse. Je pense qu’il y aura des choses déjà connues puisque les maires ruraux savent bien quelles sont les difficultés. Nous avons déjà alerté le gouvernement à maintes reprises et la question de la mobilité, du prix du gazole, est quelque chose d’essentiel. On a vu qu’aujourd’hui le sujet déborde sur d’autres sujets comme la santé ou le chemin de fer. Il y a un ensemble de difficultés qui font qu'aujourd'hui il y a une très grande tension et nous sommes très très inquiets de la manière dont les choses vont pouvoir évoluer par la suite.

L’idée c’est d’exprimer verbalement cette colère plutôt que de manifester dans la rue ?

C’est ça, et on ne s’adresse pas uniquement aux "gilets jaunes" parce que vous avez aussi des gens qui soutiennent le mouvement mais n’osent pas porter un gilet jaune, d’autres qui ne soutiennent pas mais ont aussi des choses à dire. C’est plutôt dans un esprit de concorde qu’on invite les citoyens qui ont quelque chose à dire. Et il n’y a pas uniquement des doléances, il y a aussi des propositions. Si on veut sortir de cette difficulté, encore faut-il avoir quelques objectifs et c’est aussi l’occasion de proposer aux gens de terrain, aux citoyens, de faire des propositions.