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"On prévoit pour passer l’hiver" : les "gilets jaunes" à Grauhlet dans le Tarn ne lâchent pas

Ils veulent montrer que la mobilisation ne faiblit pas. Alors que des rassemblements se préparent dans les grandes villes pour l'acte 7 de la mobilisation samedi, certains "gilets jaunes" ont construit des campements pour durer.

Article rédigé par
Tommy Cattaneo - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min.
Des "gilets jaunes" au carrefour des Voûtes à Grauhlet dans le Tarn, le 28 décembre. (TOMMY CATTANEO/RADIOFRANCE)

Depuis le 17 novembre, des "gilets jaunes" se relaient au carrefour des Voûtes à Grauhlet dans le Tarn. En quelques semaines, ils ont construit un véritable campement en bord de route. Cathy, l'une des porte-parole des gilets jaunes de Grauhlet, nous fait la visite : "Quand on rentre, il y a la caravane pour tout ce qui est intendance, victuailles etc... et café, très important chez les 'gilets jaunes'. On a plusieurs canapés pour faire la pause, pour manger. On a une cuisinière pour avoir de l'eau chaude en permanence, pour réchauffer les plats... Le petit coin à bois, le petit coin information avec des tableaux qui nous permettent de mettre les infos au quotidien".

Un campement pour durer autant qu'il faudra

On peut même y dormir dans une caravane au fond. 24 heures sur 24, sept jours sur sept, il y a toujours du monde au campement, et toujours des choses à faire. Kevin est en train de clouer une planche sur une palette en bois. "On est en train de faire l’isolation de l’agrandissement avec vraiment ce qu’on peut. Là, on a trouvé des intercalaires de palettes, à l’intérieur avec ça et à l’extérieur avec des bâches, un peu avec tout ce qu’on trouve. Du moment qu’ils ne répondent pas à nos attentes, on sera présent. C’est pour ça qu’on agrandit, on prévoit pour passer l’hiver et on verra si cet été, on devra mettre une piscine". 

Des "gilets jaunes" au carrefour des Voûtes à Grauhlet dans le Tarn, le 28 décembre. (TOMMY CATTANEO / RADIO FRANCE)

S'il est là, c'est entre autres, pour que son quotidien et celui de ses proches s'améliore. Tout comme Marc : "Nous, c'est pour pouvoir vivre de notre travail et pour ma fille, plus tard. J'ai une fille de quatre ans. Qu'est-ce qu'elle va devenir ?". L'agent de sécurité gagne 1 200 euros par mois. Mais avec 600 euros de loyer et sa famille à s'occuper, tout ce qu'il lui reste en fin de mois, c'est un découvert à la banque dit-il. Alors il ne lâchera pas et chaque coup de klaxon ou signe de main des automobilistes est un encouragement supplémentaire. "Tous les gens qui klaxonnent, on aimerait bien qu'ils soient avec nous, alors j'y vais. Bon après, il y en a un peu plus le week-end parce qu'ils ne travaillent pas. Mais après, on est contents. Ça nous fait plaisir."

Et c'est pour garder cette présence que Cédric reste ici à Grauhlet, même si les "gilets jaunes" ont appelé à manifester à Toulouse. Le porte-parole des "gilets jaunes" du Tarn sait que ça peut déraper, alors il préfère éviter. 

Je pense qu'on peut être vus sans avoir pour autant à casser. J'ai promis à tous mes compagnons "gilets jaunes" de Grauhlet qu'on n'irait pas à la casse, qu'on n'était pas là pour ça. Donc, on continue cette action pacifique. C'est le mot d'ordre départemental.

Cédric, porte-parole des "gilets jaunes" du Tarn

à franceinfo

"Cette année, la saint Sylvestre risque d'être chaude", poursuit Cédric. Lui la passera au campement, avec ses compagnons "gilets jaunes", et près du poêle à bois.

Les "gilets jaunes" de Grauhlet dans le Tarn sont là pour durer comme ils l'ont confié à Tommy Cattaneo.
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