Mortalité sur les routes : "Dire que tous les morts sont dus à la dégradation des radars c'est un peu gros"

Daniel Quéro, président de 40 millions d’automobilistes, a réagi sur franceinfo après les déclarations du délégué interministériel à la sécurité routière Emmanuel Barbe.

Un radar incendié dans le Limousin.
Un radar incendié dans le Limousin. (NICOLAS BLANZAT / FRANCE-BLEU LIMOUSIN)

75% des radars ont été vandalisés depuis le début du mouvement des "gilets jaunes", a déclaré Christophe Castaner. Pour Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la sécurité routière, la hausse du nombre de morts sur les routes en janvier 2019 est liée à cette dégradation des radars.

"Nous dire que tous les morts sont dus à la dégradation des radars c'est un peu gros", lui a répondu sur franceinfo Daniel Quéro, président de 40 millions d’automobilistes.

franceinfo : Le gouvernement déclare que la dégradation des radars a contribué à l'augmentation du nombre de morts sur les routes. Qu'en pensez-vous ?

Daniel Quéro : Nous dire que tous les morts sont dus à la dégradation des radars c'est un peu gros. Si vous regardez ce qui s'est passé, on a commencé à détruire les radars quand on a commencé au mois de janvier 2018 à annoncer les 80 km/h et cela a continué toute l'année et ça s'est accéléré en octobre. Ensuite, on est arrivé à 70% fin novembre et maintenant on nous dit 75%. Malgré ça, la sécurité routière s'est améliorée y compris en décembre. D'un seul coup en janvier ça remonte et on nous dit que ce sont les radars. On a l'impression qu'en France il y n'y a qu'une solution à la mortalité et à la vitesse, le radar. On ne parle que de ça alors que la vitesse serait en cause dans un peu plus d'un quart des accidents.

Comment expliquez-vous cela ?

On est en train d'essayer de nous justifier une politique en sortant des chiffres et des formules mathématiques alors que 90% des accidents sont dus au comportement humain. Pour changer le comportement humain, il faut que les gens soient convaincus. Là on nous vend une politique de sécurité routière à laquelle les gens n'adhèrent pas. 90% des gens sont contre les 80 km/h. On n'est pas pour la dégradation des radars, mais les gens n'adhèrent plus à la politique du tout radar.

Le gouvernement déclare que cela fait perdre de l'argent. Entendez-vous cet argument ?

Oui, on collecte plus d'un milliard d'euros avec les radars. On est champion du monde de la collecte, champion du monde du nombre de flashes et on n'est pas champion du monde de la sécurité routière. C'est pour ça que cette politique n'est pas comprise et n'est pas acceptée.

Soutenez-vous toujours le mouvement des "gilets jaunes" ?

Le mouvement des "gilets jaunes" c'est d'abord la révolte des automobilistes. Les 80 km/h, la privatisation des radars, et les carburants. Ce sont des mesures rejetées à 80%. Donc nous on n'est pas organisateurs de manifestations. On n'est pas du tout dans ce schéma-là. On a dit qu'on allait mettre des gilets sur nos pare-brise. Quand on a lâché sur le prix des carburants, le nombre des manifestants a été divisé par quatre ou cinq. Cela veut dire que les automobilistes sont partis.