Mobilisation des "gilets jaunes" : "Si nous n'offrons pas une perspective politique à ce mouvement on ne réglera pas la question"

Le député communiste de Seine-Maritime, Sébastien Jumel, estime qu'il faut "bousculer" le grand débat national lancé par Emmanuel Macron.

Le député communiste de Seine-Maritime, Sébastien Jumel, lors d\'un discours à l\'Assemblée nationale en 2017.
Le député communiste de Seine-Maritime, Sébastien Jumel, lors d'un discours à l'Assemblée nationale en 2017. (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

Invité sur franceinfo au lendemain d'un nouveau samedi de mobilisation des "gilets jaunes", le député communiste de Seine-Maritime Sébastien Jumel estime qu'il "est heureux aujourd'hui que la colère s'additionne, se coagule : celle des robes noires, des avocats qui veulent une justice à dimension humaine, celle des blouses blanches qui n'en peuvent plus que la règle à calculs se substitue à la règle de soins et celle des salariés qui veulent une redistribution plus juste de la richesse, prendre le pognon là où il est".

Après l'ouverture cette semaine du grand débat national voulu par le chef de l'Etat, le député communiste insiste : "Il faut bousculer le débat et faire en sorte qu'il n'y ait pas de questions taboues et surtout faire en sorte qu'il n'y ait pas de réponses taboues. Si nous sommes utiles, alors nous serons reconnus", a-t-il déclaré. "Si nous n'offrons pas une perspective politique à ce mouvement des 'gilets jaunes' pour prendre le pognon de dingue là où il est - chez les plus riches - pour le redistribuer là où il y a besoin - dans les services publics de proximité - alors on ne réglera pas la question", a ajouté Sébastien Jumel.

"Nous allons écrire des récits de la colère et de l'espérance"

"J'étais à Bourgtherould [là où Emmanuel Macron a ouvert le grand débat avec les maires de Normandie] et j'ai vu à quel point le débat est pipé, à quel point Emmanuel Macron tente, en faisant des congrès de rattrapage de maires, de faire passer sa mauvaise politique, a poursuivi l'élu. La sortie à Souillac, dans le Lot, en est la démonstration puisqu'il a, à nouveau, désigner les chômeurs comme les boucs émissaires. Il déclare la guerre aux chômeurs plutôt que de déclarer la guerre au chômage. Il déclare la guerre à la France qui travaille plutôt que de rétablir l'ISF. Voilà la turpitude du président de la République."

"On va s'en emparer [du débat national] partout et à Dieppe (Seine-Maritime), nous allons écrire des récits de la colère et de l'espérance", a prévenu Sébastien Jumel, avant d'annoncer qu'il demanderait aux 172 maires de sa circonscription de lui remettre les cahier de doléances.