"Gilets jaunes" : Camelia, manifestante espagnole enceinte, interpellée le 1er mai et menacée d'expulsion

La préfecture de police a délivré une obligation de quitter le territoire français pour cette militante pacifiste, arrêtée en possession d'un bouclier utilisé pour protéger son ventre. 

Camelia, au centre avec un bonnet gris, sous sa pancarte \"Fin du monde, fin du mois, même combat\", dans une manifestation de \"gilets jaunes\", à Paris, le 9 février 2019.
Camelia, au centre avec un bonnet gris, sous sa pancarte "Fin du monde, fin du mois, même combat", dans une manifestation de "gilets jaunes", à Paris, le 9 février 2019. (CHRISTOPH DE BARRY / HANS LUCAS / AFP)

Au milieu des "gilets jaunes", la trentenaire a pris l'habitude de brandir une pancarte "Fin du monde, fin du mois, même combat". Camelia, militante espagnole, enceinte, portait aussi un grand bouclier violet peint en violet annonçant : "Je suis une utopiste pacifique, cela ne sert qu'à me protéger, je ne vous attaquerai pas". Ce bouclier, considéré par des policiers comme une "arme par destination", lui a valu d'être interpellée et placée en garde à vue, mercredi 1er mai, selon le Collectif droit des femmes et le collectif de photojournalistes La Meute. A la sortie de sa garde à vue, elle a été transférée vers le centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne). Libérée dimanche, sans poursuites, Camelia est désormais menacée d'expulsion.

Son avocate Norma Jullien Cravotta précise à Libération que la préfecture de police lui a délivré "une obligation de quitter le territoire français sans délai assortie d'une interdiction de circulation sur le territoire français de 24 mois". Argument invoqué : le jeune femme serait "une charge déraisonnable pour l'Etat français et une menace à l'ordre public", selon l'avocate.

Le placement en détention "déclaré irrégulier"

Pourtant, Camelia vit en France depuis 2002, occupe un poste en CDI depuis 2017 et son compagnon est français. Son enfant à naître sera lui aussi français. "Elle a fait ses études en France et a des attaches de vie et familiales en France", raconte son avocate à Libération. Et la trentenaire affiche son pacifisme sur son bouclier, qu'elle dit utiliser pour protéger son ventre. En outre, "le parquet a classé sans suite les poursuites", et le juge des libertés a ordonné sa remise en liberté immédiate. "La décision de placement en rétention ayant été déclarée irrégulière", explique Libération

Sortie du centre de rétention dimanche après-midi, Camelia attend à présent le jugement concernant son interdiction de territoire, selon le Collectif droits des femmes.