Manifestation des "gilets jaunes" à Paris samedi : "On craint que nos collègues servent de chair à canon pour les black blocs"

Stanislas Gaudon, porte-parole du syndicat de policiers Alliance s'inquiète jeudi sur franceinfo d'éventuelles intrusions dans des bâtiments lors des Journées européennes du patrimoine qui ont lieu ce week-end alors que les "gilets jaunes" ont prévu de se mobiliser samedi à Paris.

Stanislas Gaudon, porte-parole du syndicat Alliance, sur franceinfo, le 29 avril 2019.
Stanislas Gaudon, porte-parole du syndicat Alliance, sur franceinfo, le 29 avril 2019. (FRANCEINFO)

La mobilisation des "gilets jaunes" samedi à Paris "inquiète" les syndicats de police. Stanislas Gaudon, porte-parole du syndicat Alliance, interrogé sur franceinfo jeudi 19 septembre, craint que ses collègues "servent de chair à canon pour les black blocs". La mobilisation des forces de l'ordre sera "comparable" à celle du mois de décembre, au début du mouvement des "gilets jaunes", indique le syndicaliste. Pour autant, ce samedi, trois événements se dérouleront dans la capitale : marche pour le climat, manifestation contre la réforme des retraites et rassemblement des "gilets jaunes". Samedi, plusieurs bâtiments officiels de la capitale n'ouvriront pas leurs portes à l’occasion des Journées européennes du patrimoine, et ce en raison notamment de la manifestation des "gilets jaunes". 

franceinfo : Qu'est-ce qui peut justifier ces mesures prises pour les Journées du patrimoine ?

Stanislas Gaudon : Il y a tout d'abord une conjonction de plusieurs événements en même temps. Quelques sites seront donc fermés au public, et notamment la préfecture de police : tout le monde comprendra que c'est un site un peu sensible par rapport aux forces de sécurité. Il y a donc deux événements déclarés en préfecture de police (manifestation contre la réforme des retraites et marche pour le climat, ndlr). Et puis, le plus important, il y a un appel à constituer un black bloc avec des individus ultra-radicaux qui ne viennent pas pour revendiquer mais pour casser, troubler l'ordre public et s'attaquer aux forces de sécurité. On est donc inquiets parce qu'on va mobilier 100% des effectifs au sein de la préfecture de police. On est quasiment sur les mêmes mobilisations que début décembre, donc ce sont des effectifs d'exception. On craint que nos collègues servent de chair à canon à ces black blocs qui se sont entraînés pendant plus de neuf mois de mobilisation.

Que redoutez-vous le plus ? Des intrusions dans les bâtiments officiels ou le fait que vos collègues protègent ces sites et ne soient pas disponibles ailleurs ?

Les deux. On joue avec le feu quand on demande aux collègues d'assurer la sécurité pour un tas d'événements dans la même journée. Cela va commencer à être très compliqué pour les forces de l'ordre. Et ce, même si on est en nombre. On peut craindre en effet des intrusions dans des bâtiments avec peut-être des actions médiatiques. Ensuite, il faudra surveiller des infiltrations de "gilets jaunes" ou de black blocs au sein des manifestations déclarées. On peut craindre enfin des rassemblements non déclarés, des attroupements en plein cœur de Paris et qui mobiliseraient encore des forces.

Les forces de l'ordre sont-elles prêtes ?

Même si la doctrine du maintien de l'ordre a changé, puisqu'elle est désormais axée sur la mobilité et l'intervention, ce samedi cela va être une journée extrêmement compliquée pour nos forces de sécurité. Nous avons la crainte d'avoir des blessés, qu'il y est des blessés côté manifestants, et que l'on ait des dégradations qui occultent complétement ces Journées du Patrimoine et ces deux manifestations déclarées en préfecture.