Loi contre les "casseurs", dispositif de sécurité renforcé... Ce qu'il faut retenir des annonces d'Edouard Philippe après les manifestations des "gilets jaunes"

Edouard Philippe a annoncé que 5 600 personnes avaient été placées en garde à vue et quelque 1 000 condamnations avaient été prononcées par la justice depuis le début de la mobilisation.

Edouard Philippe, le 24 décembre 2018 devant la préfecture de polce de Paris.
Edouard Philippe, le 24 décembre 2018 devant la préfecture de polce de Paris. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

"Ce ne sont pas ceux qui remettent en cause les institutions qui auront le dernier mot." Invité du journal de 20 heures de TF1 pour évoquer la réponse sécuritaire aux débordements qui ont régulièrement émaillé les rassemblements hebdomadaires des "gilets jaunes", Edouard Philippe a annoncé que 5 600 personnes avaient été placées en garde à vue et quelque 1 000 condamnations avaient été prononcées par la justice depuis le début de la mobilisation, le 17 novembre.

Afin d'adapter les dispositifs sécuritaires aux nouvelles formes de violences observées lors des manifestations, le Premier ministre a également annoncé une série de mesures. Franceinfo a listé les plus importantes.

Environ 80 000 policiers et gendarmes mobilisés samedi

Un dispositif de sécurité "considérable" va être déployé pour encadrer la prochaine journée de mobilisation des "gilets jaunes" samedi, a d'abord annoncé Edouard Philippe.

Le dispositif retrouvera son niveau de mi-décembre, à savoir près de 80 000 policiers et gendarmes dans toute la France, et "près de 5 000" à Paris.

Une nouvelle loi contre les casseurs inspirée de la lutte contre les hooligans

Une nouvelle loi doit muscler l'arsenal répressif en créant notamment, sur le modèle de la lutte contre le hooliganisme, un dispositif interdisant l'accès aux manifestations de casseurs identifiés avec la création d'un fichier spécial, a également annoncé Edouard Philippe.

"Elle peut être déposée et discutée par l'Assemblée nationale, début février", a affirmé le chef du gouvernement, relevant que le Sénat contrôlé par l'opposition de droite avait voté une "proposition assez analogue" en octobre. Le texte visera également à sanctionner plus sévèrement ceux qui organisent des manifestations non déclarées et à transformer en délit le fait de masquer son visage lors d'une manifestation, puni actuellement d'une contravention.

Le gouvernement veut également renforcer le principe du "casseur payeur", en leur imputant plus facilement la réparation de dégâts commis en cas d'attroupement, selon Matignon.

Des sanctions pour les organisateurs de manifestations non déclarées

"Il faut préserver la liberté de manifester en France et il faut sanctionner ceux qui veulent enfreindre ce droit à manifester", a encore dit le Premier ministre sur TF1.

"C'est la raison pour laquelle le gouvernement est favorable à ce que notre loi soit complétée, à ce qu'une loi nouvelle soit adoptée qui permettra de sanctionner ceux qui ne respectent pas cette obligation de déclaration, ceux qui participeraient à des manifestations qui ne sont pas déclarées", a ajouté Edouard Philippe, sans davantage de précisions sur la nature de ces sanctions.