"Gilets jaunes" : fin de la garde à vue de Jérôme Rodrigues, soupçonné de violences conjugales

Une altercation l'a opposé à sa compagne enceinte lors d'un séjour chez des amis en Vendée.

Jérôme Rodrigues lors d\'un hommage à Steve Canico, le 20 juillet 2019, à Nantes (Loire-Atlantique).
Jérôme Rodrigues lors d'un hommage à Steve Canico, le 20 juillet 2019, à Nantes (Loire-Atlantique). (SEBASTIEN SALOM-GOMIS / AFP)

La garde à vue de Jérôme Rodrigues, figure des "gilets jaunes"a été levée en début de soirée, dimanche 28 juillet, à La Roche-sur-Yon (Vendée). Il était entendu depuis 10h30 pour de possibles faits de violences conjugales. Une altercation l'a opposé à sa compagne enceinte lors d'un séjour à Thorigny. Appelés, les pompiers ont ensuite prévenu les gendarmes.

"Le parquet prendra une décision ultérieurement après examen du dossier", a expliqué le procureur de la République Hervé Lollic dans un communiqué, en précisant que les déclarations de sa conjointe avait varié au cours de la journée. 

Le quarantenaire, figure de proue du mouvement de contestation, était en vacances chez des amis quand "une violente dispute" a éclaté avec sa compagne âgée d'une trentaine d'années, au point que "l'un des hôtes s'est mis entre eux", selon une source proche du dossier. "Il a secoué le matelas sur lequel elle était et lui a arraché son téléphone alors que la jeune femme était en ligne avec les pompiers. C'est pourquoi ces derniers ont prévenu les gendarmes", précise cette même source à franceinfo. 

Pas de dépôt de plainte ni d'ITT

Cette dernière ne s'est pas vue prescrire d'incapacité temporaire de travail (ITT) après sa consultation aux urgences gynécologiques et n'a pas déposé plainte. "Il y a eu une dispute verbale, comme n'importe quel couple peut avoir. J'ai fait une crise d'angoisse suite à cela et j'ai décidé d'appeler les pompiers pour qu'ils viennent me chercher", a déclaré sa conjointe à l'AFP.

"Suite à cela, le procureur de la République a décidé de faire son coup de pub en plaçant Jérôme en garde à vue. Quand je suis sortie de l'hôpital, on m'a auditionnée, on a tenté de me faire dire un tissu de mensonges, dont celui d'avoir subi des violences conjugales", a-t-elle ajouté. "Je n'ai essuyé aucun coup, il n'a même pas tenté de me lever la main dessus", a-t-elle encore souligné.

Une "dispute amoureuse"

Dans une vidéo postée sur Twitter par Maxime Nicolle, alias "Fly rider", une autre figure du mouvement des "gilets jaunes", la jeune femme assure également qu'elle "n'a subi aucune violence"

Contacté par franceinfo, l'un de ses avocats, Philippe de Veulle, estime qu'il s'agit d'une "dispute amoureuse", "sans violences". "Sa compagne a fait une crise de panique car elle est enceinte, c'est pour ça que les pompiers ont été appelés. Je ne vois pas sur quel motif le procureur pourrait le poursuivre", ajoute son conseil. 

Lors de l'acte 11 du mouvement des "gilets jaunes" le 26 janvier, Jérôme Rodrigues avait été gravement blessé à un oeil lors d'une manifestation à Paris. Une enquête de l’IGPN, la police des polices, doit déterminer s’il a été touché par un tir de LBD des forces de l’ordre.