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"Je préfère ne pas venir" : avec les manifestations des "gilets jaunes", les Toulousains désertent le centre-ville au détriment des commerçants

Depuis la fin novembre, les clients toulousains sont de moins en moins nombreux dans le centre-ville de Toulouse. Certains commerçants ont annoncé qu'ils allaient devoir fermer ou licencier du personnel. 

Article rédigé par franceinfo, Stéphane Iglésis - Édité par Thomas Pontillon
Radio France
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Temps de lecture : 2 min
Des "gilets jaunes" manifestent le 15 décembre à Toulouse.  (SUZANNE SHOJAEI / FRANCE-BLEU OCCITANIE)

Alors qu'un quatorzième week-end de manifestation est prévu samedi 16 févier, le commerce souffre dans les centres-villes. En plus des grandes surfaces qui font de l'ombre aux petites enseignes, les manifestations des "gilets jaunes" depuis fin novembre n'ont pas aidé. À Toulouse par exemple, les commerçants annoncent une perte de chiffre d’affaires moyenne de 40% et de prochains dépôts de bilan, ou le licenciement de certains de leurs salariés. 

"Je ne fais plus d'achats"

Chaque samedi jusqu'à présent à Toulouse, les manifestations pacifiques de l'après-midi se terminent par l'entrée en scène des casseurs minoritaires entre 17 et 20 heures. Entre les risques de se retrouver au milieu des grenades lacrymogènes ou d'être confrontés à la violence de certains manifestants, les Toulousains désertent le centre-ville à partir de 13 heures. "J'ai des enfants en bas âge, je préfère ne pas venir", raconte Camille qui ne souhaite pas se retrouver au milieu des manifestants. "Je ne fais plus d'achats du tout, poursuit-elle. Les cadeaux de Noël, ça a été en ligne. Après je ne consomme pas énormément, et comme je travaille en centre-ville, les courses je peux les faire éventuellement en semaine". 

Des commerçants ont manifesté mi-janvier pour protester contre la baisse de leur chiffre d'affaire à la suite des multiples mobilisations des "gilets jaunes".  (ALAIN GASTAL / FRANCE-INFO)

Dominique, à la retraite, ne veut plus non plus aller en ville le samedi après-midi, mais selon lui cela dépasse les "gilets jaunes". "Perdre une demi-journée à avoir des lacrymogènes et à avoir des travaux un peu partout, autant aller dans des endroits où on est plus tranquille pour passer une après-midi agréable", explique-t-il. Pour les courses, il va dans les supermarchés du coin "en périphérie", et après "je vais me promener le long de la Garonne, ça suffit". 

Pour Samira, le mouvement des "gilets jaunes" a modifié ses habitudes. "Je fais du drive maintenant", explique-t-elle en assurant qu'elle "ne vient plus en ville le samedi". 

C'est un peu la pagaille en ce moment. On est sûr de comment ça va se terminer alors on préfère anticiper

Samira

à franceinfo

Pour Jade, le samedi maintenant, il faut "s'adapter". Elle explique qu'elle ne va plus aux courses que "dans la semaine et le vendredi. Je ne viens même plus en voiture parce que j'ai peur qu'il se passe un truc. Je viens même plus dans les parkings. Soit je prends les transports en commun, sans aller dans le centre-ville de Toulouse, ou alors je vais plutôt à Blagnac dans les grandes surfaces." 

Emma est directrice d'une grande surface en région toulousaine, et elle aimait faire ses courses le samedi : "Là, c'est vrai qu'avec l'action des "gilets jaunes" depuis fin novembre, j'évite. C'est plus une incertitude, de se dire 'qu'est-ce que je vais trouver, ou est ce qu'il va y avoir des échauffourées?' Avec les beaux jours, tous ces consommateurs espèrent revenir en centre-ville. 

Reportage auprès des consommateurs toulousains, par Stéphane Iglésis

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