"Je pense qu'il a entendu le message" : le maire de Poissy a plaidé auprès d'Emmanuel Macron pour "plus de justice sociale"

Karl Olive, fondateur de l’association Génération Terrain et maire de Poissy, a rencontré Emmanuel Macron avec une délégation de maires vendredi.

Karl Olive, maire de Poissy, le 7 septembre 2018.
Karl Olive, maire de Poissy, le 7 septembre 2018. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Karl Olive, maire Les Républicains de Poissy (Yvelines), fondateur de l’association Génération Terrain a rencontré, à son initiative, Emmanuel Macron avec une délégation de maires, vendredi 7 décembre, à la veille de "l'acte IV" de la mobilisation des "gilets jaunes". 

"On lui a expliqué qu'il était mal aimé" et "qu'il fallait qu'il s'en rende compte", a-t-il indiqué dimanche 9 décembre à franceinfo. Selon l'élu LR, la délégation a insisté auprès du chef de l'État sur le fait qu'il fallait mettre en place "plus de justice sociale, plus de justesse sociale, une nouvelle méthode et une écoute". Karl Olive pense que le président de la République "a entendu le message".

franceinfo : Comment s'est déroulée votre rencontre avec Emmanuel Macron vendredi dernier ?

Karl Olive : Ça a été très simple. J'ai envoyé un SMS au président de la République dimanche dernier en lui disant  : "Monsieur le président de la République, quand allez-vous décider enfin de vous appuyer sur celles et ceux qui sont en prise direct avec le terrain, avec les "gilets jaunes", et aussi sur ceux qui ne le portent pas, c'est-à-dire les maires de terrain ?" Le président a accepté que je puisse organiser avec l'association Génération Terrain une rencontre. Ce n'était pas une rencontre pour aller tendre la main, ce n'était pas ça l'objectif. L'objectif était que nous soyons isolés pendant deux heures, finalement ça a duré plus de trois heures, et qu'il nous écoute. On lui a fait remonter tout ce qui se passe sur le terrain avec une délégation de quinze maires représentatifs des Yvelines.

franceinfo : A-t-il reconnu des erreurs ?

Karl Olive : La vérité, c'est qu'on n'était pas là pour écouter. Il était là pour nous écouter et on lui a dit que le logiciel qu'il avait mis en place était catastrophique. L'objectif fixé en 2017 est connu de tous. Les réformes, on sait que nous devons les effectuer. Mais la méthode est catastrophique pour y parvenir. Nous sommes intervenus sur les fiascos complets, sur le matraquage fiscal de celles et ceux qui travaillent, qui ont travaillé toute leur vie, sur le fait que notre beau pays est un peuple qui n'est pas fait seulement de ceux qui profitent de la solidarité, mais aussi ceux qui la financent. Ces gens-là quitteront le pays et ça n'arrangera pas les premiers qui ont effectivement besoin de pouvoir d'achat. Et ça, je crois qu'il l'a entendu. Je pense que c'était une espèce de validation à mon sens. On n'était pas là-bas par hasard évidemment. Moi et mes collègues élus, on ne voulaient pas faire de la figuration. Ça n'a pas été le cas. On lui a expliqué qu'il était mal aimé et plus que ça, qu'il fallait qu'il s'en rende compte. On lui a expliqué qu'il fallait qu'il remette en place une méthode. Les élus de terrain que nous sommes, les maires, devons  commencer par la concertation sur le terrain et ensuite faire remonter des informations vers le sommet.

franceinfo : Quelles mesures fortes doit-il annoncer pour sortir de cette crise sociale ?

On a simplement insisté auprès du chef de l'État qu'il fallait plus de justice sociale, plus de justesse sociale, une nouvelle méthode et une écoute. Je pense qu'on va retrouver ces éléments dans sa prise de parole. Je pense qu'il a entendu le message et si ce n'était pas le cas, on va faire comme un certain nombre d'élus, on va rendre les clés. Je pense que les maires vont reprendre leur fonction de courroie de transmission et certainement pas de chaîne de déraillement et que la base sera plus entendue. Mais on a précisé au président, comme Saint-Thomas, qu'on croit ce qu'on voit.