Grand débat national : "Passer son temps à détricoter, ça ne s’appelle pas gouverner, ça s'appelle zigzaguer", prévient Benjamin Griveaux

Le gouvernement avait promis de ne pas corseter le grand débat national voulu par Emmanuel Macron pour répondre à la crise des "gilets jaunes". Pourtant, son porte-parole, Benjamin Griveaux, fixe déjà des lignes rouges.

Benjamin griveaux, le porte-parole du gouvernement, à la sortie du conseil des ministres, le 19 décembre 2018.
Benjamin griveaux, le porte-parole du gouvernement, à la sortie du conseil des ministres, le 19 décembre 2018. (LUDOVIC MARIN / AFP)

L'opposition en doute mais le grand débat national ne sera pas un débat pour rien, promet une nouvelle fois Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement à l'issue du conseil des ministres, mercredi 19 décembre. "L’objectif c’est d’avoir à la mi-mars des remontées qui nous permettent d’identifier les sujets sur lesquels nous avons un consensus, que ce soit sur la thématique de la transition énergétique, que ce soit sur la question de la fiscalité… L’objectif, c’est bien non pas de débattre pour la beauté du débat mais que ce débat puisse être utile, d’abord pour que les gens puissent dire ce qu’ils ont sur le cœur et en même temps d’y apporter des réponses concrètes."

Il est donc possible, par exemple que se dégage, un consensus pour rétablir l'impôt sur la fortune. Un sondage Ifop pour L'Humanité indiquait le 14 décembre que sept français sur dix sont pour. C'est là que la machine s'enraye. À l'issue du débat, le gouvernement ne changera de politique, dit son porte-parole. "Si on passe son temps à détricoter ce qui a été fait l’année précédente, ça ne s’appelle pas gouverner. Ça s’appelle zigzaguer. Ce n’est pas un service rendu au débat démocratique", a assené le porte-parole.

Jeter aux orties la démocratie représentative qui est le fondement de nos institutions et on considère que, désormais, il n’y a plus que la démocratie participative et directe. Ça n’est pas le choix que nous faisons.Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernementà franceinfo

Tracer d'emblée des lignes rouges, c'est pourtant ce que déconseille la Commission nationale du débat publique (CNDP) au gouvernement. C'est le meilleur moyen de vider les salles et de les radicaliser, c'est écrit noir sur blanc dans la note que la CNDP a adressé ce week-end à Matignon.