"Gilets jaunes" : une "catastrophe" économique, selon Bruno Le Maire

Le ministre de l'Economie a rendu visite dimanche aux commerçants parisiens, touchés par des pillages samedi. 

Le ministre de l\'Economie et des Finances Bruno Le Maire, aux côtés des commerçants parisiens, le 9 décembre 2018.
Le ministre de l'Economie et des Finances Bruno Le Maire, aux côtés des commerçants parisiens, le 9 décembre 2018. (MAXPPP)

"C'est une période où normalement le commerce tourne bien, c'est la veille des fêtes de Noël et, là, c'est une catastrophe". Pour Bruno Le Maire, pas de doute, le mouvement des "gilets jaunes" a des conséquences très négatives sur l'économie française. En rendant visite aux commerçants parisiens, dimanche 9 décembre, le ministre de l'Economie n'a pas caché son inquiétude après que des boutiques et des magasins ont de nouveau été pris pour cible la veille. Le locataire de Bercy a promis "des réponses (...) très directes" aux entreprises touchées. Ces annonces seront annoncées par le président de la République lui-même en début de semaine prochaine.

Sur LCI, Olivier Dussopt n'a pas dit autre chose. "Cela ne concerne pas que Paris, ça concerne beaucoup de petites et grandes surfaces dans de petites et grandes villes avec des zones d'activité qui sont bloquées", a renchéri le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Action et des comptes publics.

"Nous sommes très inquiets"

Le gouvernement n'est pas le seul à exprimer sa préoccupation. La Confédération des petites et moyennes entreprises craint "de nombreuses défaillances" de petites entreprises à la suite du mouvement des "gilets jaunes". "Nous sommes très inquiets, a déclaré son président François Asselin dans le JDD. Plus une entreprise est petite, plus elle est fragile."

Rater la fin de l'année, c'est rater son bilan. Il y aura donc des lendemains douloureux.François Asselin, président de la CPMEdans le "JDD"

Les conséquences globales pour l'économie du mouvement sont encore difficiles à mesurer précisément. Des estimations de la Banque de France sur la croissance du quatrième trimestre, attendues lundi, en donneront une première idée. Pour l'heure, avant même les troubles de ce week-end, les remontées de différents secteurs laissent attendre une situation dégradée.

Dans le commerce, Bercy a évoqué récemment une baisse générale de l'activité, qui va d'au moins 15% pour la grande distribution à jusqu'à -40% pour les petits commerces. Du côté du tourisme, les réservations de fin d'année dans les chaînes d'hôtels ont reculé d'au moins 10%, selon des estimations du Groupement national des chaînes hôtelières.