"Gilets jaunes" : un troisième week-end de mobilisation serait "véritablement catastrophique", selon la Fédération du commerce

"On est vraiment dans des situations qui deviennent extrêmement difficiles qui conduisent à du chômage technique" affirme Jacques Creyssel, délégué général de la Fédération du commerce et de la grande distribution.

Jacques Creyssel le 2 février 2018 à Paris
Jacques Creyssel le 2 février 2018 à Paris (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Un troisième week-end de mobilisation des "gilets jaunes" serait "véritablement catastrophique" pour le commerce en France, a annoncé sur franceinfo jeudi 29 novembre Jacques Creyssel, délégué général de la Fédération du commerce et de la grande distribution.

"Le premier week-end il y a eu une baisse de 35%, encore 20% la semaine dernière qui était un week-end de très fortes activités avec le Black Friday et le premier week-end des courses de Noël", a-t-il ajouté. "Il n’y a plus de possibilité de travailler normalement à un moment crucial [pour les commerces]", a poursuivi Jacques Creyssel.

Les difficultés se concentrent particulièrement "dans tout le midi et en Normandie, un peu moins en région parisienne", a-t-il affirmé.

franceinfo : êtes-vous inquiets par l’éventualité d’un troisième samedi de mobilisation de suite ?

Jacques Creyssel : Nous sommes extrêmement inquiets. Nous pensons qu’un troisième week-end de blocage sera véritablement catastrophique pour le commerce. Le premier week-end il y a eu une baisse de 35%, encore 20% la semaine dernière qui était un week-end de très fortes activités avec le Black Friday et le premier week-end des courses de Noël. J’ai sous les yeux les comptes d’un magasin indépendant qui a perdu depuis 12 jours, 30% de son chiffre d’affaires au total, 300 000 euros. Aujourd’hui, il doit demander des reports d’échéance, au Perreux dans la Loire. On est vraiment dans des situations qui deviennent extrêmement difficiles qui conduisent à du chômage technique, qui conduisent à faire en sorte qu’un certain nombre d’embauches de Noël ne sont pas faites. Dans les magasins aujourd’hui, on commence à manquer de produits.

Il n’y a que 2 000 à 3 000 manifestants sur le territoire jeudi 29 novembre selon le ministère de l'Intérieur. Est-ce que cela permet de paralyser l’activité ?

Ils ont bloqué aujourd’hui 280 sites. Et quand vous bloquez un entrepôt, ça veut dire que vous n’avez plus de livraison, ça veut dire que certains magasins ne sont plus approvisionnés et certains ont été obligés de fermer parce qu’ils n’avaient plus de produits. Les barrages changent régulièrement. Dans le Gard, il y a 4-5 entrepôts. Il y en a un qui est bloqué pendant 3 heures, puis l’autre. Il n’y a plus de possibilité de travailler normalement à un moment crucial.

Où sont les principales difficultés ?

Vous avez des difficultés particulières dans tout le midi, en Normandie et un peu partout, mais un peu moins en région parisienne. En pratique, les difficultés concrètes se passent d’abord en province, avec des centaines de magasins fermés encore le week-end dernier.

Mais les Français vont de toute façon faire leurs achats de Noël. Il s’agit juste d’un décalage ?

Il y a des pertes. Les produits frais par exemple. Il y a un report sur Internet, les baisses de 50% des ventes de jouets vont se reporter mais si [les clients] se reportent sur Internet alors même que les magasins physiques sont en grande difficultés dans les chaînes de jouets, c’est quelque chose qui va être grave pour l’ensemble du secteur et pour les emplois.