"Gilets jaunes" : un policier, soupçonné d'avoir gravement blessé un manifestant avec un tir de LBD, mis en examen pour violences volontaires

La scène avait été filmée et diffusée sur les réseaux sociaux et l'IGPN (Inspection générale de la police nationale) avait été rapidement saisie par la préfecture et le parquet.

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Des policiers face à des "gilets jaunes" qui manifestent à Bordeaux le 12 janvier 2019. (MAXPPP)

Un policier a été mis en examen pour "violences volontaires avec arme ayant entraîné une interruption de travail (ITT) de plus de huit jours, par dépositaire de l'autorité publique", lundi 6 janvier, à Bordeaux, dans le cadre de l'information judiciaire ouverte après la grave blessure à la tête subie par Olivier Béziade, lors d'une manifestation des "gilets jaunes" le 12 janvier 2019. Son avocat a confirmé cette information de Sud-Ouest à l'AFP, mercredi.

Ce membre de la Brigade anticriminalité (BAC) est soupçonné d'avoir effectué un tir de LBD qui a atteint à la tête Olivier Béziade, agent de maîtrise en sécurité incendie et pompier volontaire originaire de Bazas (Gironde), qui manifestait dans le centre de Bordeaux. La scène avait été filmée et diffusée sur les réseaux sociaux et l'IGPN (Inspection générale de la police nationale) avait été rapidement saisie par la préfecture et le parquet. Le Monde avait également publié, mi-octobre, une enquête vidéo relatant les faits minute par minute.

"La justice française n'est pas si pourrie que ça"

Contacté par France 3 Nouvelle-AquitaineOlivier Béziade n'a pas caché sa surprise : "Vous me l'apprenez ! Je suis content que, enfin, la justice soit bonne. Il y a eu tellement de blessures par la police, à tort ou à raison... La justice française n'est pas si pourrie que ça, je n'en reviens pas !" Père de trois enfants, il était resté quelques jours dans le coma, victime d'une hémorragie cérébrale, et porte aujourd'hui encore d'importantes séquelles. "Maintenant, je fais tous les mois des crises d'épilepsie", raconte le père de famille. "J'ai un traitement à vie. J'ai fait un dossier MDPH pour être reconnu ouvrier handicapé", précise-t-il à France 3.

L'agent de police, toujours en fonction, "est extrêmement affecté par les conséquences de ce tir", explique son avocat à l'AFP. "Jamais il n'a voulu faire de mal. Il reconnaît son tir et sa responsabilité mais il ne comprend pas comment il a pu toucher la tête. Il visait le torse", ajoute-t-il. Cet homme, "formé et habilité" au maniement du LBD, est un "fonctionnaire exemplaire, remarquablement noté", "pas un cowboy, pas un violent", précise Laurent-Franck Liénard. Selon lui, il est nécessaire de mener des expertises balistiques pour voir si le tir à la tête ne serait pas dû à une "défaillance du matériel", arme ou munition.

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