"Gilets jaunes" : sans surprise, l'Assemblée rejette la motion de censure de la gauche, votée par 70 députés

Les 62 députés auteurs de la motion dénoncaient la gestion de la crise des "gilets jaunes" par un gouvernement "déconnecté du peuple".

Les députés observent une minute de silence pour les victimes de l\'attentat de Strasbourg (Bas-Rhin), à l\'Assemblée nationale, à Paris, le 12 décembre 2018.
Les députés observent une minute de silence pour les victimes de l'attentat de Strasbourg (Bas-Rhin), à l'Assemblée nationale, à Paris, le 12 décembre 2018. (BERTRAND GUAY / AFP)

Sans surprise, l'Assemblée a rejeté la motion de censure de la gauche contre le gouvernement, votée par 70 députés, jeudi 13 décembre. Les 62 députés auteurs de la motion (PS, PCF et LFI) dénoncaient la gestion de la crise des "gilets jaunes" par un gouvernement "déconnecté du peuple", sur fond de crispations liées à l'attentat de Strasbourg. La majorité requise était de 289 sur 577 députés.

Les trois groupes de gauche voulaient faire entendre les "cris du peuple" lancés par les "gilets jaunes" avec cette motion et condamner "la politique sociale et fiscale injuste conduite depuis dix-huit mois" par le gouvernement.

"Le temps presse" 

Accompagné de plusieurs membres du gouvernement, le Premier ministre a répondu que depuis juin 2017, "les Français ont vu des transformations rapides que nous mettions en œuvre. Mais ils ont trouvé trop lentes celles qui amélioraient directement leur pouvoir d'achat, ils ne l'ont pas accepté, c'est pourquoi le président nous a demandé d'accélérer".

"Le temps presse" et Edouard Philippe a rappelé les mesures annoncées lundi par Emmanuel Macron – baisse de CSG, les smicards augmentés de 100 euros mensuels, heures supplémentaires défiscalisées... – qui vont être traduites dans un projet de loi, mercredi en Conseil des ministres.

Le groupe LR n'a pas voté la motion, "dont le contenu est très éloigné de nos propositions", a expliqué Virginie Duby-Muller. "Lundi, Jupiter semble être redescendu sur terre, annonçant plusieurs mesures, dont certaines que nous défendions depuis plusieurs mois", a-t-elle souligné.

Les députés RN ont voté la motion

"Si le changement de ton de ces derniers jours est une posture, alors vous allez droit dans un mur", a averti Jean-Christophe Lagarde (UDI-Agir), qui n'a pas voté la motion, tout comme Philippe Vigier (Libertés et Territoires), sans "blanc-seing".

Les députés RN ont de leur côté approuvé la motion, pour dire leur "opposition absolument totale avec la politique" d'Emmanuel Macron, avait justifié Marine Le Pen depuis Lille. Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) s'est aussi prononcé pour la censure, considérant que le gouvernement "n'a plus de légitimité populaire".