"Gilets jaunes" : quelle réponse politique le gouvernement doit-il apporter au mouvement ?

Emmanuel Macron doit s'exprimer en début de semaine, au lendemain de l'acte IV de la mobilisation des "gilets jaunes".

Emmanuel Macron, au lendemain de l\'acte III de la mobilisation des \"gilets jaunes\", le 2 décembre 2018, à côté de l\'Arc de Triomphe à Paris.
Emmanuel Macron, au lendemain de l'acte III de la mobilisation des "gilets jaunes", le 2 décembre 2018, à côté de l'Arc de Triomphe à Paris. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

25 000 manifestants dans toute la France, dont 10 000 à Paris : la nouvelle journée de manifestations des "gilets jaunes" a donné lieu à des dégradations et des affrontements avec les forces de l'ordre, mais le niveau de violence redouté par le gouvernement n'a pas été atteint. L'exécutif doit maintenant apporter une réponse politique au mouvement. Le chef de l'Etat doit s'exprimer en début de semaine. Le gouvernement veut croire que la tension est en train de baisser dans le pays.

La communication gouvernementale était clairement axée, ces derniers jours, sur les enjeux sécuritaires de ce 8 décembre : comment prévenir les actions violentes de groupes qui viennent à Paris pour "casser et tuer", disait l'Elysée. Cette journée passée, le ministère de l'Intérieur et le Premier ministre se félicitent du dispositif et de la stratégie de maintien de l'ordre qu'ils ont choisi et Édouard Philippe espère que c'est une nouvelle phase du conflit qui commence.

"La réponse sécuritaire ne suffit plus"

"L'abandon des hausses de taxes a porté ses fruits et fait baisser la tension dans le pays", veut croire un conseiller de Matignon. Une séquence plus apaisée et plus propice au dialogue, avec les responsables politiques et les syndicats, que le Premier ministre a remercié pour leurs appels au calme, mais aussi et surtout avec les "gilets jaunes". "La réponse sécuritaire ne suffit plus", reconnaît un proche d'Édouard Philippe, "ce ne sont pas les forces de l'ordre qui apporteront les solutions aux 'gilets jaunes', c'est le politique". Et plus précisément Emmanuel Macron, qui doit s'exprimer en début de semaine.

Pour l'instant, il garde le silence, et c'est Édouard Philippe qui s'est démultiplié pour tenter de répondre à la crise à l'Assemblée, au Sénat, sur les plateaux télévisés et en réunions à Matignon. Pourtant c'est bien le chef de l'État la cible principale des Français en colère, c'est lui qui cristallise les frustrations et les mécontentements, sa prise de parole sera déterminante, et le chef du gouvernement en a lui-même posé les enjeux samedi soir.

Il appartiendra [à Emmanuel Macron] de proposer les mesures qui viendront nourrir ce dialogue, et qui permettront, je l'espère, à l'ensemble de la nation française de se retrouver et d'être à la hauteur des enjeux qui sont déjà là et qui vont continuer à se poser dans les années qui viennentÉdouard Philippeà franceinfo

Opposition comme manifestants veulent du "sonnant et du trébuchant"

"La parole du Premier ministre n'a rien à voir avec celle du président de la République", rappelle-t-on à Matignon, "c'est elle qui sera prépondérante dans la résolution de la crise". Alors quelles solutions compte-t-il apporter ? À l'Élysée, on assure que rien n'est arrêté, mais que ces propositions seront le fruit des consultations menées toute cette semaine au palais présidentiel.

Les oppositions comme les manifestants réclament "du sonnant et du trébuchant" pour reprendre les mots du secrétaire national du parti communiste Fabien Roussel. Emmanuel Macron a rendez-vous avec les Français. Le 27 novembre, son dernier discours avait contribué à tendre encore plus la situation, cette fois, il ne doit pas se rater.