"Gilets jaunes" : les ultras n'ont pas pris la main sur le mouvement, assure le patron de la DGSI

Dans un entretien au "Parisien", Nicolas Lerner revient sur les derniers développements du mouvement.

Le nouveau patron de la DGSI, Nicolas Lerner, le 5 novembre 2018 à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine).
Le nouveau patron de la DGSI, Nicolas Lerner, le 5 novembre 2018 à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Les manifestants radicaux n'ont pas mis la main sur le mouvement des "gilets jaunes. C'est le constat développé, mardi 19 février, par le patron de la DGSI, Nicolas Lerner, dans un entretien au Parisien. Alors qu'on lui demandait si les manifestants radicaux étaient plus nombreux aujourd'hui, il répond : "En proportion oui, car le nombre de manifestants diminue."

"Outre leurs propres agissements, ces individus, que je ne confonds pas avec les personnes qui prennent part aux manifestations de manière pacifique, ont par ailleurs contribué à la radicalisation de certains profils qui ne sont pas connus pour leur appartenance à une mouvance ultra", observe Nicolas Lerner, dans sa première interview depuis sa nomination en octobre.

A Toulouse, Bordeaux, Nantes ou Caen par exemple, ils ont généré une forme de violence totalement décomplexée et débridée chez des individus qui n'étaient connus ni pour leur appartenance à l'ultragauche, ni à l'ultradroite.Nicolas Lernerdans "Le Parisien"

Mais "à aucun moment les groupes ultras n'ont réussi à prendre le leadership sur ce mouvement même s'ils voient en lui une opportunité de s'en prendre aux symboles de la République, qui sont leurs cibles habituelles", souligne le patron de la DGSI.

L'épineuse question des jihadistes français

Interrogé par ailleurs sur le rapatriement de quelque 150 Français détenus en Syrie, Nicolas Lerner a répondu que le scénario du retour "n'est qu'une hypothèse de travail". "Les récentes annonces américaines et les conséquences stratégiques qui en découlent ont conduit à souhaiter que toutes les options soient étudiées. C'est une posture de responsabilité : il s'agit d'anticiper une éventuelle situation où ces combattants et leurs épouses seraient remis en liberté", explique le haut fonctionnaire. Si ce rapatriement avait lieu, "100% des hommes et des femmes feraient l'objet de poursuites pénales, la quasi-totalité pour des faits criminels", ajoute-t-il.