"Gilets jaunes" : "Les Toulousains ont pris l'habitude tous les samedis de déserter les commerces"

Le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, parle de "désastre […] pour l'économie et l'emploi", alors que des heurts ont de nouveau éclaté samedi entre manifestants et forces de l'ordre.

Un camion en feu lors du 22e samedi de mobilisation des \"gilets jaunes\" à Toulouse, le 13 avril 2019.
Un camion en feu lors du 22e samedi de mobilisation des "gilets jaunes" à Toulouse, le 13 avril 2019. (PASCAL PAVANI / AFP)

Plusieurs de milliers de "gilets jaunes" défilent dans la ville rose désignée "capitale" de la mobilisation, samedi 13 avril. C'est beaucoup plus que la semaine dernière et des heurts ont eu lieu avec les forces de l'ordre. "Je ne vais pas dire que je suis étonné", a réagi sur franceinfo le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, qui parle de "désastre […] pour l'économie et l'emploi". "Les Toulousains ont pris l'habitude tous les samedis de déserter les commerces", déclare-t-il.

franceinfo : Quelle est votre réaction à la mobilisation de ce samedi ?

Jean-Luc Moudenc : Je suis désolé de ce qui se passe bien évidemment. J'aurais préféré que ce soit pacifique mais bon, je ne vais pas dire que je suis étonné. Depuis trop longtemps, les "gilets jaunes" savent bien que, même s'ils nous parlent la main sur le cœur, avec leurs revendications contre la violence, que leur mode opératoire, à chaque fois, permet aux extrémistes et aux ultras de provoquer la violence. D'après les renseignements que j'ai eus, ils [les black blocks] sont là. Et évidemment, comme d'habitude, ils sont là pour provoquer les forces de l'ordre, pour créer de la tension, pour répandre de l'agressivité, pour provoquer des affrontements. Tout le contraire de ce qu'ils faut faire.

Certains endroits étaient interdits, est-ce utile ?

Le préfet a décidé d'interdire la place du Capitole. J'aurais préféré que le périmètre soit élargi au centre-ville commerçant puisqu'on avait cette information d'une mobilisation nationale. Je crois que c'est utile. Ce que je souhaite c'est que la stratégie qu'il a retenue soit efficace et soit gagnante. Il y a beaucoup plus de manifestants que la semaine dernière parce que la semaine dernière, il y avait la pluie. Et la pluie avait vraiment découragé beaucoup de manifestants. Il n'y avait pas de mot d'ordre national donc il y avait grosso modo 2 000 personnes. Ce qui montre bien que quand des mots d'ordre sont donnés, circulent sur internet, même si la manifestation n'est pas autorisée, n'est pas déclarée, il y a toujours des réseaux militants qui se mobilisent et qui viennent créer l'affrontement et la tension au cœur de la ville.

Un désastre pour l'économie ?

C'est un désastre pour le commerce parce que, même si une grande partie de la ville est protégé, les commerces sont pour l'essentiel en dehors de la zone où il y a des affrontements depuis cet après-midi, pour autant beaucoup de Toulousains n'y vont pas ou n'y vont plus. Ils ont pris l'habitude tous les samedis de déserter les commerces. Donc c'est quelque chose d'extrêmement négatif pour les commerces, c’est-à-dire en réalité pour l'économie et pour l'emploi. Ce que je crains c'est que ce soit encore plus grave d'ici quelques semaines, voire quelques mois parce qu'il y a des effets dominos, des effets retards dans les pertes de chiffre d'affaires et donc ce n'est que dans quelques mois qu'on mesurera l'ampleur de la totalité des dégâts. J'ai un bilan sur les coûts pour la collectivité depuis le début du mouvement. On est grosso modo à 4,5 millions d'euros de dégâts avec un peu plus d'un million d'euros pris en charge par les concessionnaires, ceux qi gèrent les parkings, l'affichage, les abribus. Pour le reste, c'est le contribuable qui trinque.