"Gilets jaunes" : "Les Franciliens sont révoltés et épuisés par ces mouvements toutes les semaines" affirme Valérie Pécresse

"C'est l'image de la France qui est en train de s'abîmer", prévient la présidente de la région Île-de-France.

Valérie Pécresse à Paris le 25 mars 2019.
Valérie Pécresse à Paris le 25 mars 2019. (Capture d'écran)

"Il faut un retour au calme durable, il faut que ça se voie, il faut que ça se perçoive y compris à l'extérieur (…) il y a urgence à rétablir l'ordre", a affirmé, au sujet des manifestations des "gilets jaunes", Valérie Pécresse, lundi 25 mars sur France Inter.

"On ne peut plus laisser s'abîmer ce qu'on appelle la plus belle avenue du monde"

La présidente de la région Île-de-France a reconnu que le maintien de l'ordre avait évolué lors de la manifestation de samedi 23 mars, qui s'est déroulée à Paris dans le calme, loin des débordements connus une semaine plus tôt avec le pillage de plusieurs commerces sur les Champs-Elysées.

"Il y a visiblement eu un changement de doctrine dans l'utilisation de nos forces pour le maintien de l'ordre, on ne peut que le saluer". Cependant, ajoute-t-elle, "la sécurité ce n'est pas qu'un samedi sur deux. Il ne faut pas non plus que nos forces se fassent surprendre par des manifestations dont on voit bien que les mots d'ordre sont assez coordonnés mais aussi assez erratiques selon les week-ends".

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"Le maintien de l'ordre ce n'est pas qu'à Paris, ce n'est que sur les Champs-Elysées", a martelé Valérie Pécresse. "Ça doit être dans toutes les grandes villes de France avec la même vigueur."

"Considérer que ceux qui s'expriment dans la rue à Paris sont des manifestants... En tout cas sur les Champs-Elysées ce n'est pas le cas c'était des émeutiers, c'était des casseurs, des pilleurs", a soutenu Valérie Pécresse, "on ne peut plus laisser s'abîmer ce qu'on appelle la plus belle avenue du monde et qui est, au-delà de cela, un symbole de la France, c'est l'image de la France qui est en train de s'abîmer. En tant que présidente de la région, je peux vous dire que les Franciliens sont révoltés et épuisés par ces mouvements toutes les semaines".

Par ailleurs, "pour moi, les responsables du maintien de l'ordre c'est la police. Maintenant si la sécurisation des gares, pour soulager les policiers doit être faite par des militaires, pourquoi pas ? Je crois que nos forces de l'ordre sont très fatiguées. Toutes ces manifestations ont monopolisé les forces de l'ordre".

"Des dizaines de milliers d'emplois sont en jeu" 

Ces manifestations ont des conséquences importantes sur l'économie francilienne, a-t-elle exposé, car "le tourisme en Île-de-France c'est 21 milliards d'euros, ce sont 400 000 emplois. Bien sûr, la région est très fortement mobilisée au côté des commerçants", a poursuivi la présidente LR de la région Île-de-France.

"Nous avons mis 1,5 million d'euros sur la table en urgence. L'idée, c'est d'aider là où il y a des franchises et faire des avances de trésorerie. Normalement tout est couvert par les assurances mais il va y avoir des pertes d'exploitation pour certains commerçants et ce qui m'inquiète ce sont les plus fragiles, les commerces de bouche, les petits fleuristes qui n'ont pas les reins assez solides pour faire face à ce genre de pertes", a-t-elle expliqué.

"On a déjà des baisses des réservations sur les lignes aériennes pour tout le printemps. Derrière, il y a des dizaines de milliers d'emplois qui sont en jeu", s'est inquiétée la présidente du conseil régional d'Ile-de-France.