"Gilets jaunes" : le gouvernement ne restera "pas sourd et muet dans les jours qui viennent" assure François de Rugy

Alors que le président de la République a convoqué une réunion d'urgence à l'Elysée avec le Premier ministre Edouard Philippe, le ministre de la Transition écologique et solidaire a affiché son indignation après les débordements en marge des manifestations des "gilets jaunes".

Radio France

Les violences en marge des manifestations des "gilets jaunes", dimanche 2 décembre à Paris sont "extrêmement graves", a réagi sur France Inter-franceinfo François de Rugy, le ministre de la Transition écologique et solidaire. "En tant que citoyen, je suis très choqué par ce déchaînement de violence. La colère n'excuse pas tout." Le ministre a assuré que le gouvernement ne restera "pas sourd et muet dans les jours qui viennent."

Ce climat de violence, il existe au sein du mouvement des 'gilets jaunes'

François de Rugy

France Inter

François de Rugy reconnaît qu'il y a "plusieurs catégories de manifestants, des casseurs professionnels sans doute, sûrement, qui viennent s'infiltrer comme ils le font dans d'autres manifestations. La particularité, c'est que là on a à peu près tous les casseurs professionnels de l'extrême droite, de l'extrême gauche ou d'ailleurs. Il y a des manifestants pacifiques, mais il y a aussi des manifestants qui veulent casser et que ne sont pas des casseurs professionnels."

Face à la colère croissante des gilets jaunes, "c'est la sécurité d'abord, c'est la priorité absolue. Nous ne resterons pas sourds et muets dans les jours qui viennent", a assuré François de Rugy. "Nous sommes parfaitement conscients de la gravité de la situation et du niveau de mécontentement."

"Les actes de violence seront réprimés"

Face à de "déchaînement de violence", "l'Etat doit assurer la sécurité et nous ferons tout, tous les moyens de l'Etat seront mobilisés pour garantir la sécurité." François de Rugy a insisté sur le fait qu'il y ait "la prévention et la répression. Il faut que ce soit clair, les actes de violence seront réprimés, les responsables de violence seront réprimés, nous ferons tout pour les identifier et ensuite qu'ils soient condamnés." Selon le ministre, il y a un "climat de violence qui existe au sein des gilets jaunes."

Jean-Luc Mélenchon, Laurent Wauquiez et Marine Le Pen ont "encouragé les Français à aller dans la rue", a affirmé François de Rugy. Il a estimé qu'ils devaient "assumer leurs responsabilités" et dire "ces manifestations doivent cesser."

Pour François de Rugy, "le mouvement des gilets jaunes doit dire si oui ou non il veut poursuivre les manifestations." Le dialogue permettrait "de trouver des solutions, de sortir de cette situation, mais sans doute, il doit dire dans le même temps qu'il arrête les manifestations." Le ministre a insisté, "que celles et ceux qui veulent être constructifs et dialoguer sortent et coupent les liens avec ceux qui veulent la violence."

Revenir sur la hausse des taxes sur le carburant en 2019 ?

Parmi les revendications, certains demandent un moratoire sur la taxe carbone. "Un seul trimestre, 650 millions d'euros. On les finance comment ? Vous voulez que l'on fasse cette mesure et que de l'autre côté on abandonne les mesures d'accompagnement ? Je ne crois pas", a déclaré François de Rugy. "J'assume ce qui a été fait. En revanche, nous sommes dans une période de tensions fortes, de tensions sociales. Il faut faire avec et il faut maintenant se concentrer sur le retour à l'ordre public", a-t-il ajouté.

François de Rugy était l\'invité de France Inter dimanche 2 décembre.
François de Rugy était l'invité de France Inter dimanche 2 décembre. (FRANCE INTER / RADIO FRANCE)