"Gilets jaunes" : l'auteur d'une pancarte retouchée par France 3 saisit le CSA

Le JT du week-end de France 3 a présenté ses excuses, dimanche, pour la diffusion la veille d'une image "tronquée".

La présentatrice du JT du week-end de France 3 présente ses excuses, le 16 décembre 2018, pour une photo retouchée diffusée dans le journal de la veille.
La présentatrice du JT du week-end de France 3 présente ses excuses, le 16 décembre 2018, pour une photo retouchée diffusée dans le journal de la veille. (FRANCE 3)

Jean-Baptiste Reddé, figure familière des manifestations parisiennes également connu sous le pseudonyme "Voltuan", a saisi le CSA lundi 17 décembre pour protester contre la retouche d'une photo de sa pancarte diffusée au JT de France 3 samedi. L'image, prise par un photographe de l'AFP, montre un "gilet jaune" brandir une pancarte "Macron dégage". Sur la version diffusée dans le journal, on voit uniquement le mot "Macron"."J'ai porté plainte ce lundi auprès du CSA à propos de la censure pratiquée par France3 Week-end concernant mon slogan 'Macron Dégage'", indique le manifestant dans un courriel à l'AFP. Contacté par l'agence de presse, le CSA a confirmé avoir reçu cette saisine.

Face au tollé suscité par cette retouche sur les réseaux sociaux, le JT du week-end de France 3 a présenté des excuses, dimanche 16 décembre. "Hier, dans le 19/20, une erreur humaine a conduit à la diffusion d'une photo tronquée, a déclaré la présentatrice Catherine Matausch, avant de montrer l'image d'origine. Nous vous devions cette explication au regard de la confiance que vous nous accordez." Le directeur de l'information de France Télévisions, Yannick Letranchant, a également présenté ses excuses aux téléspectateurs sur Twitter"Aucune erreur humaine ne peut remettre en question notre engagement envers vous", a-t-il ajouté. 

Le SNJ dénonce une "faute professionnelle"

Dans une note interne diffusée lundi, la direction de l'information a par ailleurs "rappelé que toute modification d’un document (image, son, photo…) provenant a fortiori de l’extérieur est à proscrire ou à tout le moins doit nécessiter une validation éditoriale a priori et a posteriori". "L’application stricte de cette consigne concourt à la crédibilité de notre information qui se veut rigoureuse et exigeante", a-t-elle insisté.

Le syndicat SNJ de France Télévisions a dénoncé une "faute professionnelle inexcusable" et demandé à être reçu "dans les plus brefs délais par la direction". "Nous exigeons d'entendre de vive voix ses explications et les mesures qu'elle compte prendre pour éviter que ces faits ne se reproduisent", écrit le syndicat dans un communiqué. La section FO de France Télé a pour sa part exigé une enquête interne. "Ces pratiques indignent l’ensemble des rédactions nationales de France Télévisions", ont enfin estimé les quatre sociétés des journalistes (SDJ) du groupe, dans un communiqué commun publié lundi 17 décembre sur Twitter.