"Gilets jaunes" : "L'argent, il y en a, mais il est mal utilisé", témoigne un auditeur de franceinfo

Les auditeurs de franceinfo ont pris la parole mercredi, pour le troisième soir consécutif, après, entre autres, la décision de l'Élysée d'annuler la hausse des taxes sur les carburants prévue au 1er janvier prochain. 

Des \"gilets jaunes\" sur un rond-point, à proximité de la zone commerciale de Moncel-lès-Lunéville (Meurthe-et-Moselle), le 4 décembre 2018. 
Des "gilets jaunes" sur un rond-point, à proximité de la zone commerciale de Moncel-lès-Lunéville (Meurthe-et-Moselle), le 4 décembre 2018.  (THIERRY COLIN / RADIO FRANCE)

"Les gens accumulent depuis des années. Ils essaient de surmonter leur frustration mais ils voient qu'il y a une injustice qui s'opère dans la société", a expliqué mercredi 5 décembre sur franceinfo Nasreddine, qui a pris la parole à l'occasion de l'antenne ouverte consacrée aux "gilets jaunes".

"Moi, je fais partie de la classe moyenne, mais comme tout le monde, je vois qu'il y a trop de taxes et pas assez de services publics. L'argent, il y en a mais il est mal utilisé", a jugé Nasreddine, qui est infirmier et vit en Île-de-France.

Les gens sont d'accord pour la transition écologique, mais il faut qu'elle soit juste et que les grands pollueurs y participent.Nasreddineà franceinfo

"Il faut savoir ce qu'on veut comme modèle social, estime-t-il. Un modèle de libéralisme extrême où il n'y a plus de justice, ou est-ce qu'on veut garder notre modèle social français ? Malheureusement en France, à chaque fois, il faut une crise, comme pendant la IIIe ou la IVe République, pour que les pouvoirs sentent qu'il faut un changement. On aurait pu anticiper. Gouverner c'est prévoir".

Pour Nasreddine, "la force du mouvement [des 'gilets jaunes'], c'est qu'il n'a pas été récupéré par le gouvernement ou par des politiques".