"Gilets jaunes" : "J'en appelle à un état d'urgence démocratique, il faut se réveiller", lance Benjamin Griveaux

Le porte-parole du gouvernement était l'invité de France Inter lundi matin. 

Benjamin Griveaux, invité de France Inter, lundi 7 janvier. 
Benjamin Griveaux, invité de France Inter, lundi 7 janvier.  (FRANCE INTER)

Après "l'acte 8 des gilets jaunes", Benjamin Griveaux "en appelle à un état d'urgence démocratique", a-t-il déclaré sur France Inter lundi 7 janvier. "Je dis aux Français, et pas qu'à ceux qui portent un 'gilet jaune' : 'rejoignez le débat'. Le président de la République a décrété l'état d'urgence économique. J'en appelle à un état d'urgence démocratique. Il faut se réveiller", a poursuivi le porte-parole du gouvernement. 

Benjamin Griveaux a au passage critiqué le comportement de trois des figures du mouvement "gilets jaunes" : Maxime Nicolle, Eric Drouet et Priscillia Ludosky. "On propose un grand débat, ils ne viennent même pas ! Monsieur Drouet, Monsieur Nicolle, Madame Ludosky disent 'non mais le débat ça nous intéresse pas'", a dit Benjamin Griveaux. Le porte-parole du gouvernement a également rappelé que l'idée du débat était de sortir de la crise et de trouver des solutions, et non pas de remettre en cause l'abolition de la peine de mort ou le mariage pour tous. "Si certains y vont, en pensant pouvoir remettre en cause le mariage pour tous, l'IVG, la peine de mort, etc. Je le dis : ça n'est pas souhaitable, et ça ne sera pas le cas", a dit Benjamin Griveaux. 

Après de nouvelles violences le week-end dernier, Benjamin Griveaux a assuré lundi que "les belles consciences de gauche comme de droite ce week-end ont été parfois très silencieuses, dans un silence assourdissant. Elles doivent se réveiller. C'est ça mon message".  "Dans le silence assourdissant de la période, il faut nommer les choses. Ceux qui défoncent la porte de mon ministère, qui s'attaquent à une mairie, qui insultent des députés : ceux-là sont des factieux. Ils n'aiment pas la République, ils n'aiment pas la forme démocratique de notre gouvernement", a dénoncé Benjamin Griveaux.

Vers un fichier des manifestants violents

Alors que le syndicat de police Alliance a réitéré dimanche 6 janvier sa demande de création d'"un fichier" de manifestants violents, Benjamin Griveaux a estimé que "tout ce qui peut être entrepris et qui permettrait d’avoir moins de violence doit être examiné avec la plus grande attention". 

La violence, quelle qu'elle soit, doit être bannie du champ républicain. Cela n'a pas sa placeBenjamin Griveaux à franceinfo

"Il y a des mesures qui peuvent être prises et qui sont en train d'être travaillées, a poursuivi le porte-parole du gouvernement, moi je suis favorable à tout ce qui permet de rétablir l'ordre républicain, de prévenir les violences auxquelles on a assisté qui frappent nos forces de l'ordre et aussi les manifestants sincères qui peuvent être pris dans ces violences", a expliqué Benjamin Griveaux.

"Pour porter un gilet jaune, aller sur un rond point dans les petites villes, il faut beaucoup de courage", a-t-il estimé. En revanche, "il y a beaucoup de lâcheté chez ceux (...) qui boxent des policiers", a affirmé le porte-parole du gouvernement en faisant référence à un homme qui a frappé un CRS samedi à Paris. 

La taxe d'habitation peut-être maintenu pour 20% des ménages 

La possibilité de maintenir la taxe d'habitation pour les 20% de ménages les plus aisés "est sur la table", a indiqué le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux, rejetant l'argument de rupture d'égalité devant l'impôt. Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire s'est dit ouvert dimanche au débat sur certaines mesures qui n'ont pas encore été mises en place, telle que la suppression de la taxe d'habitation pour les 20% des ménages les plus aisés. "La promesse de campagne de la supprimer pour 80% des Français (...) est mise en place" et se pose maintenant "la question des 20 derniers pour cent", a déclaré le porte-parole du gouvernement. 

Alors que le Conseil constitutionnel avait prévenu que maintenir la taxe d'habitation pour seulement une partie de la population constituerait une rupture d'égalité devant l'impôt, Benjamin Griveaux a estimé qu'"on ne peut pas nous expliquer qu'il faut plus mettre à contribution ceux qui ont plus et quand c'est fait, invoquer l'égalité devant l'impôt". "C'est une question de droit soulevée par le Conseil constitutionnel et ce sera tranché dans le cadre d'un débat au parlement", a-t-il conclu.