"Gilets jaunes" : Geneviève Legay, militante blessée à Nice, affirme avoir reçu un "coup de matraque dans la tête"

"Ce n'est pas la bousculade qui m'a fait tomber", assure lundi à France Bleu Azur Geneviève Legay, la militante blessée à Nice en marge des "gilets jaunes".

Geneviève Legay, dans la manifestation des \"gilets jaunes\" à Nice, le 23 mars 2019.
Geneviève Legay, dans la manifestation des "gilets jaunes" à Nice, le 23 mars 2019. (VALERY HACHE / AFP)

"Ils m'ont donné un coup de matraque dans la tête", a déclaré le 8 avril à France Bleu Azur Geneviève Legay, la militante blessée à Nice en marge des "gilets jaunes". Cette dernière a déposé plainte par le biais de ses avocats Me Mireille Damiano et Me Arié Alimi à Paris, contre le préfet des Alpes-Maritimes et contre les forces de l'ordre.

"D'un coup, je me suis réveillée à l'hôpital Pasteur"

La militante de 72 ans est revenue sur cette manifestation du 23 mars, à Nice, durant laquelle elle a été grièvement blessée à la tête : "J'étais descendue pour la liberté de manifester, je n'avais pas vu que la place Garibaldi était dans l’arrêté d'interdiction, je n'ai pas bravé l'interdiction [...] On leur a dit qu'on pourrait être leur mère, leur grand-mère, qu'on se battait aussi pour eux, les petits gendarmes. Tout allait bien c'était joyeux on chantait, j'avais un drapeau de la paix dans les mains", poursuit-elle.

"Il nous ont demandé de rejoindre le groupe du café Turin, continue Geneviève Legay. Nous, on a dit oui et puis d'un coup je me suis réveillée à l’hôpital Pasteur aux urgences. Ils m'ont donné un coup de matraque dans la tête. Et ça, il faut qu'on arrive à le prouver parce que j'ai un trou derrière la tête." 

Je pense que c'est ce coup de matraque qui m'a fait tomber. Si je m'étais pris les pieds dans les plots, comme ils disent, je me serais dit : merde ! Et j'aurais fait un vol plané. On est conscient quand on fait un vol plané. Là, je ne me souviens de rien.Geneviève Legayà France Bleu Azur

La militante d'Attac n'apprécie pas la déclaration d'Emmanuel Macron, qui lui avait souhaité le 25 mars "un prompt rétablissement et peut-être une forme de sagesse". "Avant de donner des leçons aux autres, il ferait bien de regarder ce qu'il fait, lui qui laisse perdurer un mouvement et des violences depuis 20 semaines. De toute façon, il est contre le peuple, il ne comprend rien au peuple. Il n'a pas de leçons à donner aux autres."

Fatiguée et encore fragilisée, elle ne devrait pas sortir de l’hôpital de Cimiez, où elle est soignée, avant encore plusieurs semaines.