"Gilets jaunes" : dans les cahiers de doléances, "le pouvoir d'achat revient régulièrement, mais pas seulement"

Vanik Berberian, le président de l’association des maires ruraux de France, parle d'un sentiment "d'abandon et de mise à l'écart", relayé dans ces cahiers de doléances.

Vanik Berberian, le président de l’association des maires ruraux de France, le 10 décembre 2018 à l\'Élysée.
Vanik Berberian, le président de l’association des maires ruraux de France, le 10 décembre 2018 à l'Élysée. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

"Les questions autour du pouvoir d'achat reviennent régulièrement, mais pas seulement", a expliqué samedi 15 décembre sur franceinfo Vanik Berberian, président de l’association des maires ruraux de France, alors que les cahiers de doléances se multiplient dans les communes. L'initiative doit permettre de répondre aux demandes exprimées par les "gilets jaunes".

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franceinfo : Les cahiers de doléances sont-ils populaires ? Se remplissent-ils ?

Vanik BerberianOui, c'est un très grand succès. Je pense que c'est dû au fait que beaucoup de gens avaient besoin d'exprimer des choses. Quand vous êtes sur un rond-point ou que vous êtes tout seul dans votre cuisine à maugréer, vous n'avancez pas. Le fait d'avoir la possibilité d'écrire les doléances, mais aussi de faire des propositions, c'est une réponse qui était attendue par beaucoup de citoyens.

Qui est venu écrire ?

Des gilets jaunes, mais pas seulement. Surtout des gens que l'on n'a pas l'habitude de voir dans nos mairies, les personnes un peu en retrait, qui n'osent pas exprimer les choses. En ce sens-là, c'est une vraie réussite.

Est-ce que vous voyez des revendications qui reviennent ?

Les questions autour du pouvoir d'achat reviennent régulièrement, mais pas seulement. Notamment dans les territoires ruraux, il y a le sentiment que les habitants de ces territoires ne sont pas reconnus à leur juste valeur, ce sentiment d'abandon, de mise à l'écart. On voit aussi des messages sur les services publics qui disparaissent années après années. C'est plus qu'une inquiétude, il y a une véritable colère et c'est important que les responsables politiques, à tous les niveaux, en prennent conscience. C'est quelque chose de sourd et de profond. D'ailleurs il n'y a pas vraiment eu d'inflexion après les annonces du président de la République. Le fond du mécontentement est toujours présent.

Que vont devenir ces cahiers désormais ?

Nous allons en faire la synthèse et avoir une lecture analytique mais aussi sociologique. On a là un matériau très intéressant pour voir ce que les citoyens de la France périphérique ont sur le cœur. Cela en dit beaucoup sur leur situation et leur manière d'aborder le futur. Mais ça, c'est le travail au long court. Il y a aussi l'urgence de la situation. La synthèse immédiate sera présentée au président de la République, au Premier ministre et aux présidents des deux assemblées, le Sénat et l'Assemblée nationale. Il y a là des demandes très claires qui réclament une réponse rapide. J'espère que ce sera le point de départ d'un transformation sociale et sociétale forte. Avec les maires au centre du jeu. Nous sommes l'interface entre l'État et les habitants.