"Gilets jaunes" : avec "30 millions de dégâts" depuis le début du mouvement, élus et commerçants plaident "pour que la solidarité nationale joue"

Jean-Luc Moudenc, maire LR de Toulouse, a expliqué, mercredi sur franceinfo, que la réunion à Bercy sur l'impact financier des "gilets jaunes" avait permis d'obtenir une coordination entre l'État et les villes touchées depuis le début du mouvement.

Le maire Toulouse Jean-Luc Moudenc, le 31 mars 2014.
Le maire Toulouse Jean-Luc Moudenc, le 31 mars 2014. (PASCAL PAVANI / AFP)

Une réunion d'urgence était prévue, mercredi 13 février, à Bercy avec les commerçants et élus des grandes villes au sujet de l'impact économique du mouvement des "gilets jaunes". Élus et commerçants avaient sollicité cette réunion pour trouver une réponse aux préjudices subis après treize semaines de mobilisation. Parmi les élus reçus, Jean-Luc Moudenc, maire LR de Toulouse, qui a répondu à franceinfo à l'issue de cette rencontre avec Bruno Le Maire.

franceinfo : Qu'est-ce que vous avez obtenu à l'issue de la réunion avec Bruno Le Maire ?

Jean-Luc Moudenc : On a obtenu d'abord de travailler ensemble. Depuis le début de la crise, il n'y a pas eu de coordination entre les villes touchées et le gouvernement. On a 15 jours de travail devant nous pour mettre au point un plan d'action global. Ce que nous avons dit au ministre [de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire], c'est trois choses : le maintien de l'ordre, les dégradations qui coûtent de plus en plus dans nos budgets et la situation de plus en plus critique des commerçants, qu'il faut que l'État aide et exonère de charges et d'échéances fiscales.

Le Premier ministre a déjà annoncé avoir débloqué une enveloppe de trois millions d'euros, est-ce qu'on en prend le chemin ?

Ces trois millions d'euros sont faits pour financer des animations commerciales quand on sera sortis de crise. C'est bon à prendre, mais ce n'est pas du tout à l'échelle du problème. L'urgence n'est pas là, l'urgence, ce sont des commerçants qui ont subi 13 samedis avec des centres-villes désertifiés, avec une chute de leur chiffre d'affaires qui parfois les met en danger, qui provoque du chômage partiel et la préparation de plans de licenciement. Concernant le chômage partiel, il y a des mesures qui sont mises en place. Le ministère note que les dossiers déposés par les commerçants sont assez peu nombreux donc je pense qu'il y a un problème de compréhension, un problème de nécessaire simplification des démarches parce que dans la situation actuelle, des mesures exceptionnelles peuvent déstabiliser les commerçants. Il faut que l'administration soit sur le terrain davantage et dans une relation plus personnalisée avec les commerçants concernés.

Avez-vous chiffré le montant des dégâts chez vous à Toulouse ?

On a chiffré les dégâts pour la collectivité : on est à quelque 5,5 millions, la ville de Paris autour de 15 millions... On est aujourd'hui à un chiffrage global sur les grandes villes françaises qui tourne autour de 30 millions de dégâts et donc, on a plaidé pour que la solidarité nationale joue parce que ces problèmes-là ne sont pas des problèmes locaux, c'est un problème que le pays vit. Et puis aussi, on a plaidé pour que nous ne soyons pas sanctionnés financièrement parce que les dépenses supplémentaires rentrent dans les contrats que nous avons passés avec l'État l'année dernière pour encadrer les dépenses de fonctionnement.