François Ruffin lance son micro-parti, mais se défend de toute ambition présidentielle

Il a déposé, mi-février, les statuts d'un micro-parti, "Picardie Debout !", la bannière sous laquelle il a été élu député dans la Somme en 2017. 

François Ruffin à l\'Assemblée nationale le 19 février 2019.
François Ruffin à l'Assemblée nationale le 19 février 2019. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Si François Ruffin vient de créer Picardie Debout !, sa propre association de financement, "ce n'est pas pour jouer aux petits chevaux de 2022, assure son entourage, c'est purement local, pour faciliter l'organisation d'événements." Et cette question sur son avenir l'agace.

Pour le député La France insoumise, qui a fréquenté le même lycée à Amiens qu'Emmanuel Macron, l'élection présidentielle "pervertit" tout, c'est ce qu'il écrit dans son dernier pamphletCe pays que tu ne connais pas. Et ce n'est pas parce qu'il s'adresse directement et sèchement au Président, qu'il faut surinterpréter, explique le député dans son dernier blog video : "Moi, ma hiérarchie n’est pas celle du pouvoir, elle est celle de l’art. Donc, avec orgueil, je ne reconnais pas du tout Emmanuel Macron comme étant au-dessus de moi, c’est moi qui pour l’instant suis au-dessus de lui." 

Quand Victor Hugo écrit "Les Châtiments" en s'adressant à Napoléon III, on ne se dit pas 'Tiens, est-ce que Victor Hugo a envie de devenir empereur ?François Ruffin

En ce moment, François Ruffin est surtout "gilet" jaune", sur les ronds-points et bientôt sur grand écran, puisqu'il sortira en avril un film, J'veux du soleil, sur ce "mouvement de masse" que la gauche et les syndicats - c'est son regret - n'ont pas su accompagner quand il le fallait.

Une occasion manquée, pour lui, comme pour Jean-Luc Mélenchon, l'autre "gilet jaune" de la gauche. Y aurait-il entre eux un début de rivalité ?  A la France insoumise, on répond "complémentarité, émulation, addition de talents,  mais jamais de concurrence".

Et si la succession devait s'ouvrir, estime un responsable de La France Insoumise, il faudrait, "pour se hisser au niveau de Jean-Luc, être orateur, stratège, et leader. Personne ne coche toutes ces cases. Même en Picardie".