"Fixation" sur Emmanuel Macron, refus d'être "récupérés" : la parole des "gilets jaunes" sur les réseaux sociaux analysée

Des chercheurs en sciences sociales toulousains ont analysé des centaines de milliers de posts sur Facebook et Twitter contenant l'expression "gilets jaunes".

Gilets jaunes Rond point de Basse-Ham dans le département de la Moselle.
Gilets jaunes Rond point de Basse-Ham dans le département de la Moselle. (PIERRE HECKLER / MAXPPP)

Des chercheurs au Lerass, le laboratoire d'études et de recherches appliquées en sciences sociales rattaché à l'Université Toulouse 3, ont analysé 37 000 posts et commentaires dans le groupe Facebook "France en colère", qui compte 230 000 membres, entre le 2 et le 5 décembre, ainsi que 2,3 millions de tweets comportant l'expression "gilets jaunes" du 30 novembre au 4 décembre. Une étude publiée vendredi 7 décembre, et que franceinfo révèle en exclusivité.

Rejet massif du président

Il ressort de leur étude un rejet massif du président de la République. "Le corpus que nous avons analysé confirme cette fixation sur la personne du Président de la République qui semble incarner le divorce tant de fois annoncée entre le 'peuple' et les 'les élites'", constatent les auteurs de l'étude.

Les débats des "gilets jaunes" sur les réseaux sociaux sont par ailleurs très nombreux sur la question de la structuration du mouvement. Les internautes tiennent à ne pas être "récupérés" et parlent d'abord d'eux en tant que "citoyens", "jaunes" ou "apolitiques", indiquent les chercheurs.

"Les 'gilets jaunes', quant à eux, semblent avoir pris conscience des enjeux politiques forts qui entourent leur cause. Ils occupent leur espace de parole sur le périmètre de Facebook que nous avons examiné en clamant leur apolitisme et en refusant toute récupération. Ils appellent ainsi à la modération des interventions qui pourraient donner prise à des critiques."

Une majorité de "gilets jaunes" condamne la violence

Autre objet de débat important : la question des violences avec des "gilets jaunes" qui "semblent encore sous le choc de l'incursion de la violence physique dans le mouvement". L'équipe de chercheurs note aussi qu'une "minorité soutient que ces violences sont nécessaires pour le succès du mouvement, mais en majorité ils les condamnent".

En revanche, les "anti-gilets jaunes" identifient le mouvement dans son ensemble comme étant violent. Et la presse différencie clairement ceux qu'elle qualifie de "casseurs" du reste des "gilets jaunes".