Emmanuel Macron et les "gens qui déconnent" : la politique est "un apprentissage difficile"

Les députés de la majorité tentent de justifier cette sortie du chef de l'État, alors que les élus des oppositions la critiquent fermement. 

Les députés de l\'Assemblée nationale à Paris, le 19 décembre 2018.
Les députés de l'Assemblée nationale à Paris, le 19 décembre 2018. (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

Les propos d'Emmanuel Macron, mardi 15 janvier, font réagir à gauche comme à droite. "Les gens en situation de difficulté, on va davantage les responsabiliser car il y en a qui font bien et il y en a qui déconnent", a affirmé le chef de l'État lors d'une visite surprise mardi, à la mairie de Gasny (Eure), avant de donner le coup d'envoi du grand débat national. Une phrase qui n'est pas passée inaperçue, notamment à l'Assemblée nationale.

Le député de la majorité, Bruno Bonnell, est gêné : "Non, le président n'a certainement pas dit 'il y a des pauvres qui déconnent', j'attends de voir un peu. S'il l'a dit, je verrai ce que ça veut dire. Ceci dit, je ne pense pas que c'était dans cette dynamique que la phrase a été dite. Il faut absolument que les gens comprennent qu'ils sont tous une partie de la solution, il faut qu'ils soient responsabilisés à cette transformation de la France."

Cette façon de toujours renvoyer la balle dans le même sens, de laisser penser que l'abus est toujours du côté des plus pauvres, est insupportable.Olivier Faure (PS)à franceinfo

Si, du côté de la majorité, on tente tant bien que mal de justifier cette nouvelle sortie présidentielle, dans les oppositions c'est un tir nourri contre le mépris de classe dont ferait preuve Emmanuel Macron. "J'ai envie de répondre au président 'il y a des riches qui sont de vrais citoyens et puis il y a des riches qui déconnent, et qui déconnent gravement'", lance Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti socialiste.

François-Michel Lambert, lui, a quitté les députés de La République en marche en octobre, pour créer un nouveau groupe à l'Assemblée Libertés et territoires, plaide pour le chef de l'État le manque d'expérience. "La politique est un apprentissage difficile de la parole, chacun doit apprendre, y compris quand on a un peu plus de 40 ans et qu'on est président de la République."