Dispositif de sécurité du 8 décembre : "Les enseignements de samedi dernier ont été tirés" selon le syndicat des cadres de la sécurité intérieure

A la veille d'une nouvelle journée de mobilisation nationale des "gilets jaunes", le secrétaire général du syndicat des cadres de la sécurité intérieure affiche son soutien aux forces de l'ordre et à leur travail.

 Jean-Marc Bailleul, secrétaire général du syndicat national des officiers de police, le 12 avril 2016.
 Jean-Marc Bailleul, secrétaire général du syndicat national des officiers de police, le 12 avril 2016. (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

Jean-Marc Bailleul, secrétaire général du syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI), majoritaire, a salué vendredi 7 décembre sur franceinfo les annonces du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner concernant le dispositif de sécurité de "l'acte IV" de la manifestation des "gilets jaunes" demain, même s'il concède que "garder la mobilisation et la cohésion" des forces de l'ordre est "compliqué".

franceinfo : Comment avez-vous reçu le message du ministre de l'Intérieur avant cette nouvelle journée de mobilisation des "gilets jaunes" ?

Jean-Marc Bailleul : On l'a reçu cinq sur cinq. On a compris qu'il y avait eu des enseignements tirés de ce qu'il s'est passé samedi dernier. Il y aura plus de mobilité. Les engins légers de la gendarmerie que nous avions appelés de nos vœux seront là pour épauler nos collègues. Il y a aussi la détermination d'interpeller beaucoup de monde. C'est le message qu'on attendait, au-delà du soutien habituel donné aux forces de l'ordre.

Le degré de violence décrit par le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner correspond-il aux remontées que vous avez de votre syndicat ? Ou est-ce qu'il y a une dramatisation de la part de votre ministre ?

C'est une réalité, on a des remontées, y compris des villes de province habituellement calmes comme Tours ou Le Mans, où un magasin a été dévalisé, où les violences s'étendent. A Mulhouse, vendredi 7 décembre, avec un collègue officier percuté par une voiture. On voit bien qu'il y a une généralisation de la violence, qui n'est pas dramatisée.

Il faut prévenir les "gilets jaunes" pacifistes que le risque est là. Il faut dire aux bien-pensants que les postures, ça suffit ! L'histoire de Mantes-la-Jolie, douze collègues qui bloquent 148 jeunes qui n'étaient pas là simplement pour faire des revendications verbales... Forcément qu'on est obligé de prendre des mesures d'exception. La manière de faire a été responsable, elle correspond à ce qu'on apprend dans les écoles de police. On était responsable de mineurs et il n'y a pas eu de blessés, c'est cela qu'il faut retenir. Voler des bouteilles de gaz, les jeter dans un feu et retourner des voitures, ce n'est plus une manifestation démocratique. C'est vraiment dans le but de casser.

Comment les cadres de la police gèrent-ils l'engagement des policiers qui vont intervenir demain ?

C'est compliqué. Il faut à la fois répondre à une exigence opérationnelle avec une amplitude horaire très importante. Envoyer des collègues sur le terrain qui n'ont pas toujours l'équipement parce que le volume de personnes engagées est tel qu'il n'y a pas de matériel pour tout le monde, garder la cohésion et la motivation alors qu'on a des collègues fatigués, c'est compliqué en matière de management. Ce qu'on aimerait, c'est qu'on rajoute une dimension de gestion du temps de travail. Tout le monde a compris que s'il n'y a pas eu de mort les semaines précédentes, alors qu'on avait des collègues en état de légitime défense, qu'ils n'ont pas sorti leur arme, c'est parce qu'ils étaient bien dans leur tête. Plus le temps avance, plus les risques que les collègues soient fatigués et n'aient pas les bons réflexes augmentent.