Coût du mouvement des gilets jaunes : "Les vraies victimes sont celles que les agitateurs prétendaient défendre"

Roland Lescure, le député LREM et président de la commission des affaires économiques présente mercredi sur franceinfo le rapport parlementaire qui a évalué l'impact économique du mouvement des gilets jaunes en France.

Roland Lescure à l\'Assemblée nationale, le 9 avril 2019.
Roland Lescure à l'Assemblée nationale, le 9 avril 2019. (ALEXIS SCIARD / MAXPPP)

La commission des affaires économiques est à l'initiative de la mission parlementaire d'évaluation des coûts économiques, sociaux et budgétaires du mouvement des gilets jaunes dont le rapport est examiné à l'Assemblée. Son président, le député LREM des Français établis hors de France, Roland Lescure était invité de franceinfo mercredi 17 juillet. Selon lui, "d'une certaine manière, les vraies victimes sont ceux que les agitateurs prétendaient défendre".

franceinfo : Quel était l'objectif de cette mission parlementaire ?

Roland Lescure : On voulait donner la parole à ceux qui ne l'ont pas eu, essentiellement les commerçants. Nous sommes allés sur le terrain à Rouen, Toulouse et Bordeaux pour les rencontrer. On voulait aussi faire un chiffrage, et puis on voulait proposer un certain nombre de mesures d'accompagnement au gouvernement. On a fait les trois. On a vu des situations personnelles désespérées. Comme la France, économiquement, va plutôt bien, on a l'impression que les violences en marge de ces mouvements n'ont pas coûté grand chose. Quand vous parlez à des commerçants, surtout indépendants, qui samedi après samedi doivent baisser le rideau avec des baisses de chiffre d'affaires très importantes, on se retrouve, malgré les mesures d'accompagnement, avec des situations qui sont littéralement désespérées et qu'il faut pouvoir accompagner.

Vous préconisez de renforcer les aides pour les commerçants ?

Oui. Ce mouvement et ces violences ont été un véritable tremblement de terre qui va avoir des répliques au second semestre. Les enjeux de trésorerie qu'ils ont connus en début d'année vont sans doute se prolonger. Ce qui est perdu ne se rattrapera pas. Le risque, c'est tout simplement que des commerçants baissent le rideau, définitivement. C'est ça qu'il faut essayer d'éviter. En revitalisant les centres-villes, en redonnant envie aux familles de revenir et en aidant ces commerçants. Les mesures d'aides ont été exceptionnelles, elles sont montées à plus de 100 millions d'euros pour ce qui est des reports de charges sociales. Il faut au moins les prolonger de quelques mois. Et surtout, dans ce rapport, on propose (dans des situations très particulières) d'aller même jusqu'à des exonérations de manière à ce que les entreprises qui ont particulièrement souffert aient plus de temps pour se redresser.

Les conséquences globales sur la France ne sont pas si importantes. Peut-on dire que les gilets jaunes ont miné l'économie française ?

On ne peut pas dire ça, et on ne voulait surtout pas dire ça, parce qu'on ne souhaitait pas faire du "gilet jaune bashing". Ce qu'on voulait, c'est regarder les situations particulières de villes qui sont fortement touchées. Rien que pour Rouen, Toulouse et Bordeaux, c'est plus de 12 millions d'euros en termes de finances publiques pures. On fait des additions qui se chiffrent pas en millions pour les finances publiques. On parle de centaines de millions d'euros très localisés, qui font des situations particulières qui sont, elles, désespérées. D'une certaine manière, ceux qui ont été touchés, particulièrement les commerces indépendants, ce sont les gens que certains gilets jaunes agitateurs (et on ne parle plus du mouvement qu'on avait au départ, où un certain nombre de revendications étaient légitimes) prétendaient défendre.