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Colère des policiers : "Aucune entreprise ne pourrait se permettre de devoir des années d'heures supplémentaires à ses salariés", dénonce le sénateur François Grosdidier

Le sénateur LR de Moselle, François Grosdidier, rapporteur de la commission d’enquête sur l'état des forces de sécurité intérieure, qualifie de "miettes" la prime de 300 euros promise aux policiers.

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Radio France
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François Grosdidier, en avril 2008. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

La prime de 300 euros accordée par le gouvernement aux fonctionnaires de police n'est pas "une réponse à la hauteur". "Ce sont des miettes", a martelé mercredi 19 décembre sur franceinfo le sénateur LR de Moselle, François Grosdidier, rapporteur de la commission d’enquête sur l’état des forces de sécurité intérieure, alors que les policiers se sont mobilisés pour dénoncer leurs conditions de travail.

François Grosdidier pointe "une crise de la démocratie représentative" car le gouvernement "n'écoute pas les représentants". Le sénateur relaie la demande de "plan Marshall" faite par les policiers pour rattraper le retard accumulé et assure qu'il faut "revoir de fond en comble" le management.

franceinfo : Est-ce que la prime accordée par le gouvernement est à la hauteur ?

François Grosdidier : Non, pas du tout. Ce sont des miettes. Les réponses à la hauteur, nous les avons proposées dans ce rapport [la commission d'enquête sur l'état des forces de sécurité intérieure]. Nous avons 32 propositions parfaitement réalistes et à portée du budget de l'État. Le gouvernement n'en a tenu aucun compte. Si aujourd'hui on a une crise de la démocratie représentative, si on a les "gilets jaunes", et si on a eu il y a deux ans les policiers en colère qui ont explosé hors champ syndical, c'est parce qu'on a un gouvernement qui n'écoute pas les représentants. Il n'y a aucune autre administration, aucune entreprise qui pourrait se permettre de devoir des années d'heures supplémentaires à ses salariés et qui ne les paie pas ! Il n'y a aucun autre employeur qui pourrait faire rouler des employés dans des véhicules qui ne passeraient pas le contrôle technique et qui sont dangereux ! J'ai vu des gendarmes logés dans des logements de l'État dont les installations électriques ne sont pas conformes. J'ai vu des commissariats de police qui sont insalubres. Les policiers ne font même pas les exercices de tirs obligatoires parce qu'ils n'ont pas les munitions.

Ce que le gouvernement propose, ce n'est pas un début de rattrapage ?

Il n'y a aucun début ! Le gouvernement n'est pas en place depuis hier mais depuis plus d'un an. Il a eu une année pleine dans laquelle il a laissé se creuser le stock d'heures supplémentaires. Il n'y a même pas un début de rattrapage. On continue la dégradation. On ne demande pas que tout soit rattrapé en un an, on a dit qu'on pouvait les rattraper en cinq ans ou en sept ans. Mais à condition de ne pas laisser se creuseur le stock d'heures. Les policiers demandent un "plan Marshall".

Il faut révolutionner la police ?

La police a des problèmes qui ne coûtent pas d'argent. C'est un problème de management qu'il faut revoir de fond en comble ; c'est le problème de la procédure pénale. Policiers et gendarmes passent les deux tiers de leur temps à faire de la procédure au lieu d'être sur le terrain. On passerait à 50-50 entre le temps de procédure et la présence sur le terrain que cela vaudrait des dizaines de milliers de postes ! Et il y a la réponse pénale qui est insuffisante. Il y a deux fois moins de magistrats que dans les autre pays rapporté à la population. Les policiers pédalent sur un vélo qui n'a pas de chaîne.

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