Ce qu'il faut retenir de la conférence de presse de Christophe Castaner, à la veille de "l'acte 4" des "gilets jaunes"

Le ministre de l'Intérieur alerte sur la présence d'"éléments radicaux, de factieux" samedi, lors de la quatrième journée nationale de mobilisation des "gilets jaunes". 

Le ministre de l\'Intérieur, Christophe Castaner, entouré d\'Eric Morvan, de Laurent Nunez et de Michel Delpuech, lors d\'une conférence de presse le 7 décembre 2018, à la veille de l\'\"acte 4\" de la mobilisation des \"gilets jaunes\". 
Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, entouré d'Eric Morvan, de Laurent Nunez et de Michel Delpuech, lors d'une conférence de presse le 7 décembre 2018, à la veille de l'"acte 4" de la mobilisation des "gilets jaunes".  (CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP)

"Ces trois dernières semaines ont fait naître un monstre qui a échappé à ses géniteurs." Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a tenu une conférence de presse, vendredi 7 décembre à Paris, à la veille de l"acte 4" de la mobilisation des "gilets jaunes", samedi à Paris et à travers la France. 

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"Tout laisse à penser que des éléments radicaux, des factieux, vont à nouveau tenter de se mobiliser" samedi, une semaine après que de graves violences ont éclaté à Paris lors de la troisième journée de mobilisation nationale du mouvement. Voici ce qu'il faut retenir de ce point presse. 

Sur les "gilets jaunes" : "10 000 [manifestants], ce n'est pas le peuple"

Le ministre de l'Intérieur a estimé que le mouvement des "gilets jaunes" "a changé de nature, en même temps qu'il rassemblait de moins en moins de monde". Christophe Castaner a rappelé que les "gilets jaunes" étaient 282 000, samedi 17 novembre, lors de leur première journée nationale de mobilisation, contre 10 000 aujourd'hui. "Dix mille [manifestants], ce n'est pas le peuple, ce n'est pas la France, c'est une petite minorité", a insisté le ministre. 

Pour lui, cette "petite minorité" "compte dans ses rangs des personnes pacifiques et bien intentionnées (...) mais aussi des personnes qui se sont radicalisées, qui sont tombées dans la violence et la haine". Une haine, selon Christophe Castaner, "attisée par les complotistes de tout poil" 

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Sur les violences : un premier bilan judiciaire

Le ministre de l'Intérieur a également dressé un premier bilan judiciaire des violences commises en marge de la mobilisation des "gilets jaunes". Après les émeutes de samedi à Paris, Christophe Castaner rappelle qu'il y a eu 412 interpellations, 378 gardes à vue, et qu'une information judiciaire a été ouverte, "suite au saccage de l'Arc de triomphe". "Treize suspects sont déjà mis en examen, dont trois sous détention provisoire", et l'enquête se poursuit, a-t-il rapporté. 

Le ministre a également recensé "20 individus présentés, 13 immédiatement incarcérés" à Marseille, deux manifestants condamnés à six et huit mois de prison ferme à Tours (Indre-et-Loire) "pour avoir jeté des projectiles et des bouteilles d'acide sur les forces de l'ordre". "A Bordeaux, une femme de 29 ans a été condamnée à un an de prison ferme pour vol en réunion et par effraction, lors d'une attaque contre le péage de Virsac", a-t-il ajouté.

Christophe Castaner a également révélé que des armes avaient été découvertes par les forces de l'ordre dans le cadre de leurs enquêtes sur les violences liées au mouvement des "gilets jaunes". "Partout en France, la mobilisation des forces de l'ordre et notamment de la police judiciaire est totale", a-t-il insisté. 

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Sur "l'acte 4" : un dispositif sécuritaire "de grande envergure"

"Un dispositif de grande envergure sera mis en place partout en France" samedi, a assuré Christophe Castaner. Ainsi, "89 000 policiers et gendarmes seront mobilisés dans tout le pays, a-t-il annoncé. Des moyens exceptionnels seront mis à la disposition des préfets dans leurs départements, pour assurer l'ordre public et la protection des institutions."

A Paris, les autorités n'attendent "que quelques milliers de personnes, mais dans ces personnes il y a des gens ultraviolents", a alerté le ministre. Huit mille hommes seront déployés dans la capitale, ainsi que "des véhicules blindés à roues de la gendarmerie nationale, qui permettent notamment de dégager des barricades". 

"Compte tenu des intentions hostiles affichées d'un nombre d'individus et de groupes appelant à venir à Paris, vous comprendrez que je ne dévoilerai pas davantage le dispositif qui va être mis en place, à Paris comme en province", a commenté Christophe Castaner.

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Sur "les petits casseurs de M. Castaner" : le ministre porte plainte contre Dupont-Aignan

"J'ai décidé de porter plainte à l'intention de M. Dupont-Aignan qui, sans vergogne, a osé affirmer à l'Assemblée nationale que ce sont 'les petits casseurs de M. Castaner qui ont saccagé l'Arc de triomphe'", a annoncé le ministre de l'Intérieur lors de sa conférence de presse. "On verra si ce monsieur ose nous opposer son statut parlementaire. Il ajouterait alors la honte à l'indignité."

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Sur l'interpellation de 151 jeunes à Mantes-la-Jolie : "Les images sont dures"

Les forces de l'ordre ont interpellé 151 jeunes, agenouillés et les mains sur la tête, jeudi à Mantes-la-Jolie (Yvelines). Cette scène, filmée et diffusée sur les réseaux sociaux, a suscité l'indignation de bon nombre d'internautes et de politiques. 

"Les images sont dures (...) mais il est important de les replacer dans un contexte", a commenté Christophe Castaner. "Les 3, 4 et 5 décembre, la commune a été le théâtre de mouvements [autour des lycées]. Au fil des jours, des lycéens auteurs de blocages ont été rejoints par une centaine d'individus encagoulés et armés (...) avec la ferme intention d'en découdre avec les forces de l'ordre", a expliqué le ministre de l'Intérieur. 

"Ce n'est pas des mouvements de lycéens, mais de véritables violences urbaines", a-t-il affirmé, évoquant "des jeunes gens qui ne sont pas forcément des adolescents et des lycéens". D'après Christophe Castaner, les auteurs de ces violences "n'ont pas hésité à construire de nombreuses barrières de feu, à s'en prendre aux automobilistes, à saccager des pavillons"

Pour le ministre, l'interpellation de ces jeunes "correspond, avant la fouille, à la procédure classique". "Je sais la violence de ces images, mais je sais aussi la violence de cette réalité subie par nos femmes et nos hommes qui étaient sur place", a-t-il ajouté. 

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