Amnesty International alerte sur "de nombreux cas de recours excessifs à la force par des policiers" lors des manifestations des "gilets jaunes"

L'ONG a recueilli les témoignages de victimes et de secouristes et recensé "de nombreux cas de recours excessifs à la force par des policiers", selon un rapport.

Des \"gilets jaunes\" affrontent des policers en marge d\'une manifestation à Paris, le 15 décembre 2018.
Des "gilets jaunes" affrontent des policers en marge d'une manifestation à Paris, le 15 décembre 2018. (ABDUL ABEISSA / AFP)

Amnesty International alerte sur "de nombreux cas de recours excessifs à la force par des policiers" lors des manifestations des "gilets jaunes", dans un rapport publié lundi 17 décembre. "Si les autorités ont – de manière tout à fait légitime – condamné à maintes reprises les actes de violence commis par des manifestants, elles n'ont pas exprimé d'inquiétudes concernant le recours excessif à la force par des policiers, qui doit faire l'objet d'une enquête indépendante, impartiale et efficace", estime l'ONG.

Amnesty International explique avoir recueilli les témoignages de victimes et de secouristes, ainsi que de journalistes, et examiné plusieurs vidéos. Ces récits montrent, selon l'ONG, que "les forces de l'ordre ont utilisé des flash-balls, des grenades de désencerclement et des gaz lacrymogènes contre des manifestants majoritairement pacifiques". "Outre des manifestants, de nombreux journalistes ont été blessés, et certains ont affirmé avoir été délibérément visés", poursuit-elle. Elle ajoute que plusieurs manifestants ont été arrêtés parce qu'ils étaient en possession d'objets comme des casques ou des masques, et que d'autres se sont fait confisquer leurs équipements de protection.

L'ONG dénonce les conditions d'arrestation des lycéens à Mantes-la-Jolie

Amnesty International évoque également la mobilisation des lycéens, qui protestaient contre Parcoursup et la réforme du baccalauréat durant la même période. Elle dénonce notamment les conditions d'interpellation de 163 élèves à Mantes-la-Jolie (Yvelines), le 6 décembre dernier. "Selon Mourad Battikh, avocat de plusieurs de ces jeunes, certains ont été maintenus jusqu'à quatre heures [à genoux, les mains derrière la tête], écrit l'ONG. Le maintien des élèves dans une telle position pendant si longtemps, s'il est confirmé, s'apparente à un traitement cruel, inhumain ou dégradant, interdit en toutes circonstances par le droit international."

"Les autorités doivent assurer la sécurité de toute personne et veiller à ce que le droit de manifester pacifiquement soit respecté, conclut le rapport d'Amnesty International. Elles doivent prendre des mesures légales et proportionnées pour protéger la vie et l'ordre public, en évitant de recourir à une force excessive."