Acte 5 des "gilets jaunes" : "le gouvernement doit protéger l'économie et les commerçants qui la composent"

Le président de la Confédération des commerçants de France rappelle sur franceinfo que 86% des petits commerçants ont subi une chute de leur chiffre d'affaires pendant les manifestations des "gilets jaunes". 

La manifestation des \"gilets jaunes\" le 8 décembre 2018 près des Champs-Élysées à Paris.
La manifestation des "gilets jaunes" le 8 décembre 2018 près des Champs-Élysées à Paris. (THOMAS SAMSON / AFP)

"86 % des petits commerces ont une chute de leur chiffre d'affaires", a affirmé Francis Palombi, vendredi 14 décembre sur france info. Le président de la Confédération des commerçants de France s'est exprimé sur l'appréhension des commerçants quant à "l'acte 5" des "gilets jaunes", annoncé samedi. Il appelle le gouvernement et les forces de l'ordre à "protéger l'économie et les commerçants qui la composent", en province notamment, même si pour lui, "l'impact de cette manifestation sera moins important que les précédents samedis".

>> À quelle mobilisation s'attendre pour "l'acte 5" des "gilets jaunes" après l'attentat de Strasbourg ?

franceinfo : Comment s'annonce ce nouveau week-end pour les commerçants que vous représentez ?

Francis Palombi : D'abord, les commerçants sont excédés. Ils n'en peuvent plus. Ils sont impactés sur leur chiffre d'affaires, leur aspect économique. C'est très grave. J'ai lancé à plusieurs reprises dans tous les médias un appel à ne pas manifester auprès des "gilets jaunes". Je me suis convaincu que l'impact et le développement de cette manifestation de demain sera, sans commune mesure, moins importante que les précédents samedis.

Vous imaginez moins de monde dans les rues demain. Les commerçants vont-ils décider, pour la plupart, de rester ouverts ?

La plupart, oui. Quand vous avez besoin de faire tourner votre commerce, que vous êtes à même pas 15 jours de Noël, ce sont des achats importants pour les commerçants, quelle que soit leur activité. 86% des petits commerces ont une chute de leur chiffre d'affaires. Elle est variable. Il y a des zones moins impactées par la manifestation, comme dans les très petites villes où l'ambiance n'est pas tout à fait la même. Là, c'est la chute de chiffre d'affaires. C'est l'inquiétude : on n'en peut plus, on n'en veut plus. Nous souhaitons que notre gouvernement protège les citoyens, c'est primordial. Mais il doit aussi protéger l'économie et les commerçants qui la composent.

Imaginez-vous que le chiffre d'affaires puisse remonter pour les deux week-ends avant Noël ?

Je le pense. Je suis peut-être influencé par un tempérament optimiste, mais je me dois d'être réaliste. On va se ressaisir un peu. On ne va pas être dans la décrue de chiffres d'affaires autant qu'on l'a été jusqu'à samedi dernier. Entre samedi dernier et demain, il y a eu la prise de parole officielle du président de la République. Il a fait des propositions concrètes qui peuvent s'améliorer, évoluer. Je dis aux "gilets jaunes" de rester dans un mouvement contestataire avec des revendications justes. Mais quand on dit que 80% des Français sont pour les "gilets jaunes", non. Ils sont pour des mesures qui améliorent leurs conditions. C'est un peu différent.