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Achats de Noël perturbés par les "gilets jaunes" : "Le grand gagnant de cette affaire, c'est internet"

Philippe Moati, cofondateur de l'Observatoire Société et Consommation craint que les acheteurs restent des cyber-consommateurs après les événements.

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Radio France
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En prevention des casseurs, les commerces sont restés fermés pendant la manifestation des "gilets jaunes" sur les Champs-Élysees pour l'Acte 5, le 15 décembre 2018. (JULIEN MATTIA / LE PICTORIUM / MAXPPP)

Le commerce lors des cinq derniers samedis a été perturbé par le mouvement des "gilets jaunes", avant les fêtes de fin d'année. "On va avoir des nouveaux venus à l'achat en ligne qui le font par nécessité, puis, découvrant les avantages de cette formule, peut-être, vont rester des cyber-consommateurs après les événements", a indiqué sur franceinfo l'économiste Phillipe Moati, économiste, cofondateur de l'Observatoire Société et Consommation. qui souligne le "manque à gagner" pour les commerces "de l'ordre de un milliard d'euros".

franceinfo : Est-ce que Noël reste la fête de la consommation en France ?

Philippe Moati : Oui, c'est un moment fort de l'année sur le plan de la consommation, puisque c'est le moment, en principe, où tout le monde se fait des cadeaux. C'est généralisé. Au-delà des cadeaux, il y a les repas de fin d'année qui suscitent des achats alimentaires extraordinaires, donc c'est vraiment un moment très fort. C'est coincé entre le Black Friday et les soldes de début d'année, mais malgré tout, ça reste un moment très, très important pour les commerçants, et c'est pour ça qu'on considère que la fête est un peu ternie par les événements qui ont empêchés les consommateurs de faire les achats comme d'habitude.

Le mouvement des "gilets jaunes" a causé beaucoup de dommages ?

Des centres commerciaux ont été bloqués, des hypermarchés également. La Fédération du commerce et de la distribution estime, à la louche, que le manque à gagner est de l'ordre de un milliard d'euros. C'est assez considérable, et les hypermarchés ont beaucoup souffert. On a observé une évolution des comportement des consommateurs au cours des semaines. Les premières semaines ont été absolument catastrophiques, et puis, sur la suite, on a vu des reports d'achats les jours de la semaine et le dimanche, quand les dimanches étaient ouverts. Il y a une partie du manque à gagner des samedis qui a été récupérée, mais on est loin du compte. Le grand gagnant de cette affaire, c'est internet. C'était tellement plus facile de commander de son salon, de son fauteuil, de faire venir les choses à soi, que très certainement, on va avoir un "boom" du e-commerce encore plus fort que d'habitude. 

Les commerçants vont-ils payer par la suite cette mauvaise saison ?

Oui, notamment les petits commerces le paient en terme de trésorerie. Si le chiffre d'affaires ne rentre pas, il faut quand même payer les fournisseurs. Il va falloir que les banquiers soient un peu compréhensifs, puis il faut surtout espérer que les soldes permettent d'évacuer ce qu'on a en magasin pour récupérer du cash.

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